VALLEJO FERNANDO (1942- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Fernando Vallejo est né en 1942, à Medellín, dans une riche famille colombienne. Il fait des études de lettres et philosophie à l’université de Bogota, puis séjourne en Italie, où il étudie le cinéma, et à New York. Devenu écrivain et cinéaste, il exprime avec virulence ses critiques envers les institutions et les normes sociales de son pays. Après avoir vécu plusieurs années au Mexique, il demande et obtient en 2007 la nationalité mexicaine pour protester contre l’élection d’Alvaro Uribe à la présidence de la République, suscitant ainsi de violentes diatribes à son encontre dans les médias colombiens. Il ne cessera cependant de réaffirmer son identité colombienne. Foncièrement contestataire, il choisit pour thème de ses romans-essais biographiques deux des plus grands poètes de sa patrie d’origine. El mensajero (1991), est un portrait de Porfirio Barba Jacob, avant-gardiste marginalisé par la société colombienne à cause de son homosexualité avant de se retrouver sans ressources dans le Mexique de 1920 (Fernando Vallejo s’est lui aussi revendiqué homosexuel, par défi). Almas en pena, chapolas negras (1995) célèbre la poésie moderniste de José Asunción Silva. Par la suite, El cuervo blanco (2012) sera consacré à Rufino José Cuervo, grand esprit de l’Indépendance au milieu du xixe siècle.

Fernando Vallejo va trouver la célébrité avec sa représentation de la violence dans La virgen de los sicarios (1994, La Vierge des tueurs), dramatisation de la vie des tueurs à gages dans la collusion colombienne entre narcotrafiquants et politiciens, avec en toile de fond prédominance de la caste des possédants décidés à conserver leur emprise par tous les moyens. De là date sa réputation d’écrivain hyperréaliste : le récit de participants directs à l’action transpose leur langage en une suite de notations cruelles et cyniques. En 2000, le livre est adapté au cinéma par Barbet Schroeder.

L’autobiographie romancée est la voie que privilégie l’écrivain pour exposer ses idées sur l’art, l’histoire, la société à travers le temps, en Colombie aussi bien qu’en en Europe et en Amérique. C’est là le trait commun à une suite de romans intitulée El río del tiempo : Los días azules (1985) relate son enfance dans l’innocence de la nature proche des demeures familiales, en compagnie des garçons de son âge. El fuego secreto (1987) est son roman d’apprentissage, qui voit l’adolescent inquiet hanter les territoires inconnus de Medellín, puis la Bogota du temps de ses études. Los caminos a Roma (1988) rapporte ses découvertes de l’étranger, ainsi que les prétentions et les préjugés des autres sociétés. Años de indulgencia (1989), raconte les années new-yorkaises, les heureuses rencontres avec des artistes et de talentueux esprits, mais aussi la confrontation avec un mode de vie et des conceptions sociales et politiques qu’il juge dangereux pour le monde entier. Dans Entre fantasmas (1993), il raconte comment une jeunesse passée sous l’égide du rituel catholique et des « bonnes lectures » a fait de lui un incroyant et un esprit libre.

On inscrira dans cette même veine le roman La rambla paralela (2002). On y voit la mort divaguer dans la Barcelone de ce début de xxie siècle dont les rues se transmuent pour Fernando Vallejo en autres lieux et d’autres temps, de la Medellín de son enfance à la Mexico de son âge adulte. La fureur de vivre et la fatalité d’une fin évidente font de ce roman une déambulation hallucinée.

Plus méditatif mais également autobiographique, El don de la vida (2010) parle de sa vie et de sa littérature, cependant que plusieurs de ses chroniques et essais polémiques sont repris dans Peroratas (2013).

C’est de la même expérience personnelle qu’étaient nés d’autres romans. El desbarrancadero (2001, prix Rómulo Gallegos 2003, Et nous irons tous en enfer) juxtapose les pénibles relations que Fernando Vallejo entretint adolescent avec son père et la souffrance de l’agonie de son frère préféré, atteint du sida. Mi hermano el alcalde (2004, Carlitos qui êtes aux cieux) décrit la dégradation matérielle et l’effondrement des mentalités entraînés par la violence avec, en contrepoint, l’aventure que représente, sous l’impulsion de son maire, la reconstruction d’une société viable à l’échelle d’une petite ville.

Des essais violemment polémiques sont porteurs des positions très critiques envers les forces de l’esprit : La tautología darwinista (1998) s [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  VALLEJO FERNANDO (1942- )  » est également traité dans :

AMÉRIQUE LATINE - Littérature hispano-américaine

  • Écrit par 
  • Albert BENSOUSSAN, 
  • Michel BERVEILLER, 
  • François DELPRAT, 
  • Jean-Marie SAINT-LU
  •  • 16 294 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Histoires de la violence »  : […] Certains auteurs s'appuient sur ce courant pour donner des œuvres chargées d’une forte intention parodique, moquant les feuilletons d'époques antérieures, remis à la mode par les séries télévisées, tout en renforçant la saveur du roman réaliste. C’est le cas d’Angeles Mastretta ( Ninguna eternidad como la mía , 1999), Laura Esquivel ( La ley del amor , roman multimedia, 1996 ; Tan veloz como el d […] Lire la suite

Pour citer l’article

François DELPRAT, « VALLEJO FERNANDO (1942- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/fernando-vallejo/