CAVALIERI EMILIO DE' (av. 1550-1602)

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D'abord organiste de l'oratorio del Santissimo Crocifisso à Rome, sa ville natale, Cavalieri devint, en 1588, inspecteur général des Arts de Ferdinand de Médicis et fut à Florence membre du cercle que le comte Bardi réunissait dans son palais. Cette camerata eut une influence décisive sur la création de l'opéra et de l'oratorio, et Cavalieri en est le premier témoin. Si, en effet, les intermedii qu'il composa en 1589 pour le mariage du duc Ferdinand sont encore d'un style très traditionnel, dès l'année suivante Il Satiro et La Disperazione di Fileno illustrent le nouveau stile rappresentativo dont on discutait dans le cercle Bardi : il fut ainsi le premier à le mettre en pratique dans une œuvre suivie. Avec la poétesse Laura Guidiccioni, qui avait écrit le texte de ces deux œuvres, il composera encore Il Giuoco della cieca (1695), adaptation d'une partie du Pastor fido de Guarini. Cavalieri est donc, de manière incontestable, le créateur des premiers essais d'opéra. Il est aussi celui de l'oratorio. La Rappresentazione di Anima e di Corpo, sur un texte d'Agostino Manni, fut représentée en 1600 à l'oratoire Santa Maria in Vallicella, où depuis 1580 Philippe Néri organisait ses fameuses soirées musicales. Cette œuvre est encore proche du drame liturgique, puisque destinée à être jouée sur scène, et même dansée : Cavalieri donne dans sa préface de nombreuses indications dans ce sens. Mais elle fait plus que préfigurer l'oratorio proprement dit : elle en est la première esquisse. Œuvre dramatique donc, utilisant sur un sujet sacré le tout nouveau style de récitation musicale ; œuvre allégorique (les personnages en sont l'Âme, le Corps, le Temps, le Monde, le Plaisir) et didactique, elle suit clairement toutes les intentions de Philippe Néri et de la Contre-Réforme. Le récitatif y est encore un peu maladroit, constitué de courts fragments que les cadences trop fréquentes rendent monotone : Peri et Caccini qui, en cette même année 1600, font entendre leur Euridice apporteront plus de souplesse et de maîtrise. Mais pour l'opéra comme pour l'oratorio, le pas décisif a bien été fait, dans les dix dernières années du xvie siècle, par Cavalieri.

—  Philippe BEAUSSANT

Écrit par :

  • : directeur de l'Institut de musique et danse anciennes de l'Île-de-France, conseiller artistique du Centre de musique baroque de Versailles

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Pour citer l’article

Philippe BEAUSSANT, « CAVALIERI EMILIO DE' (av. 1550-1602) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/emilio-de-cavalieri/