CURTIS EDWARD SHERIFF (1868-1952)

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Le photographe américain Edward Sheriff Curtis, dit « l'encyclopédiste de la mémoire indienne », a réalisé plus de 40 000 clichés dont la critique commence seulement à mettre en valeur les aspects méconnus. De cette œuvre un ensemble isolé se dégage : The North American Indian, publication somptueuse, tirée à cinq cents exemplaires numérotés, de vingt volumes ou portfolios parus entre 1907 et 1930, qui, dans l'esprit de son auteur, a été la seule partie réalisée d'un projet monumental : sauver de l'oubli, par le texte et la photographie, les mœurs et les croyances ancestrales de quelque quatre-vingts tribus indiennes d'Amérique du Nord, qui, déportées, massacrées, décimées, parquées dans des réserves, furent, à l'aube du xxe siècle, a vanishing race, un monde voué à une proche extinction.

Danse rituelle, E. S. Curtis

Danse rituelle, E. S. Curtis

Photographie

Edward S. Curtis, Danse rituelle, 1915. La danse exécutée par ces Indiens Kwakiutl a pour objet de conjurer les esprits pour obtenir le retour de la Lune disparue pendant une éclipse. 

Crédits : AKG

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« La mort de chaque vieil homme ou femme entraîne la disparition de quelque tradition, de la connaissance des rites sacrés connus d'eux seuls ; par conséquent, l'information sur le mode de vie de l'une des grandes races de l'humanité doit être recueillie immédiatement pour le bénéfice des générations futures, sinon l'occasion en sera perdue à jamais. C'est cet impératif qui a inspiré le présent ouvrage », confie dans sa Préface « l'indianologue » et « le photohistorien artistique » convaincu et acharné que fut Curtis tout au long de sa vie.

Comme dans l'œuvre d'un Atget ou d'un Sander, la photographie ne serait-elle pas, pour Curtis, l'ultime recours d'une urgence intérieure elle-même symptôme, symbole, prescience d'un désastre et d'un engloutissement inéluctables ?

Curtis est né à White Water ; fils de pasteur, il passe son enfance dans le Wisconsin, où il accompagne souvent son père dans ses pérégrinations et fait l'apprentissage de la vie en plein air. Dès l'adolescence, sa vocation photographique se dessine : il acquiert en autodidacte ses connaissances dans des ouvrages de vulgarisation et fabrique lui-même sa lourde chambre photographique. À la mort de son père, il embrasse la profession de « photographe portraitiste-paysagiste » et, à partir de 1891, il s'établit à [...]

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Écrit par :

  • : historienne de la photographie, département de la recherche bibliographique, Bibliothèque nationale de France

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ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - Les arts plastiques

  • Écrit par 
  • François BRUNET, 
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Dans le chapitre « Le paysage, nouvelle expression de l'identité »  : […] Si, dès le début du xix e  siècle, des peintres intellectuels aux penchants académiques comme Copley, John Trumbull, Washington Allston, John Vanderlyn ou Samuel Morse ont cherché dans la peinture d'histoire une échappatoire aux servitudes du portrait, ce « grand genre », comme on l'appela aux États-Unis, n'exista vraiment qu'à Londres avec Wes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etats-unis-d-amerique-arts-et-culture-les-arts-plastiques/#i_85869

Pour citer l’article

Elvire PEREGO, « CURTIS EDWARD SHERIFF - (1868-1952) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/edward-sheriff-curtis/