ÉCONOMIE MONDIALE2014 : nouvelle répartition de l'activité

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L’Europe renoue en ordre dispersé avec une faible croissance

La zone euro sort de la récession en 2014, affichant une croissance de 0,8 p. 100, après un recul de l’activité de 0,4 p. 100 en 2013. Cette reprise se fait en ordre dispersé. Parmi les pays qui ont connu l’ajustement le plus drastique des dépenses publiques dans les affres de la crise de la dette, certains renouent avec la croissance : l’Espagne (+ 1,3 p. 100 de croissance en 2014, après ‒ 1,2 p. 100 en 2013) et surtout l’Irlande (+ 3,6 p. 100 de croissance en 2014, après + 0,2 p. 100 en 2013). En 2014, pour la première fois depuis le début de la crise, ces deux États assurent leur financement sans recourir aux aides des organes européens et internationaux dédiés au soutien des pays en difficulté. Ils sortent officiellement des programmes qui avaient été mis en place – en 2010 pour l’Irlande, en 2012 pour l’Espagne – pour soutenir leurs banques devenues insolvables et pallier la défiance des marchés obligataires. L’État espagnol commence à rembourser avant échéance une petite partie (soit 1,3 milliard d’euros) des prêts consentis par le Mécanisme européen de stabilité (plus de 41 milliards d’euros). L’Irlande, quant à elle, envisage de rembourser par anticipation 18 milliards d’euros sur les 22,5 milliards d’euros avancés par le F.M.I. Ces signaux sont unanimement salués comme des marques de réussite des programmes de soutien, mais ils ne doivent pas faire oublier que, même si les finances de ces deux États se portent mieux, leurs populations continuent de subir les conséquences désastreuses de la crise financière. Le taux de chômage espagnol reflue très lentement, passant de 26,1 p. 100 de la population active en 2013 à 24,3 p. 100 en 2014. Plus modéré en Irlande, il reste cependant élevé : 13 p. 100 en 2013, 11,2 p. 100 en 2014.

Malgré ces signes encourageants, l’Europe n’est en effet pas encore sortie de la crise de la dette. L’assainissement du secteur bancaire se poursuit. Ainsi, en août 2014, la banque portugaise Banco Espírito Santo est divisée en urgence en deux organismes : une bad bank destinée à accueillir les prêts insolvables et une banque nouvelle, Novo Banco, recapitalisée à hauteur de 4,9 milliards d’euros pour qu’elle puisse reprendre son activité de prêts. Cette affaire n’empêche cependant pas le Portugal de renouer avec la croissance en 2014 (+ 1,0 p. 100, après ‒ 1,4 p. 100 en 2013), malgré un chômage qui, quoique en recul, reste élevé (14,2 p. 100 en 2014). La B.C.E. lance une opération d’inspection des bilans des cent trente banques européennes les plus importantes et évalue leur résistance en cas de crise. Pour treize d’entre elles, elle préconise des recapitalisations par les investisseurs privés. Une fois ces recapitalisations effectuées, le Mécanisme unique de surveillance bancaire européen pourra entrer en jeu dès 2015. Il permettra le déploiement du Mécanisme de résolution unique des crises bancaires européennes. Celui-ci s’appuie sur un fonds de résolution européen, alimenté par des contributions des établissements bancaires et destiné à se substituer, à partir de 2016, aux vingt-huit fonds nationaux de résolution des crises bancaires. En assurant un traitement unifié des situations d’insolvabilité des banques, il devrait permettre aux États membres de ne plus avoir à soutenir leurs banques nationales en puisant dans l’argent des contribuables. La croissance de la zone euro reste donc faible, sans doute en raison de l’attentisme des acteurs économiques, mais cet attentisme est en grande partie lié à l’inachèvement de la construction d'une Europe bancaire robuste et unifiée.

Ainsi, une croissance douce est de retour en Allemagne, qui voit son activité progresser de 1,4 p. 100 en 2014 (0,5 p. 100 en 2013). Mais la croissance stagne en France (0,4 p. 100 en 2014, après 0,3 p. 100 en 2013) et n’est pas encore au rendez-vous en Italie (‒ 0,2 p. 100 en 2014, après ‒ 1,9 p. 100 en 2013). En outre, certains petits pays de la zone restent très affaiblis : la Grèce, qui a connu le déclenchement de la crise de la dette, est toujours sous programme d’assistance financière. Elle connaît une faible croissance (+ 0,6 p. 100 en 2014, après ‒ 3,9 p. 100 en 2013) et reste paralysée par le chômage, qui est le plus élevé d’Europe (plus d’un actif sur quatre : 25,8 p. 100 en 2014, après 27,3 p. 100 en 2013). Chypre est encore en récession (‒ 3,2 p. 100 en 2014, après ‒ [...]

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Économie mondiale (2014) : P.I.B. et population

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Économie mondiale (2014) : croissance annuelle du P.I.B.

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Économie mondiale (2014) : balance courante des principales zones économiques

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Économie mondiale (2014) : variation annuelle des prix à la consommation

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  • : chargé de la modélisation prudentielle à la direction financière de la Caisse des dépôts et consignations

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Pour citer l’article

Axel MARMOTTANT, « ÉCONOMIE MONDIALE - 2014 : nouvelle répartition de l'activité », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2014-nouvelle-repartition-de-l-activite/