DUMOURIEZ CHARLES FRANÇOIS DU PÉRIER dit (1739-1823)

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Né à Cambrai, fils d'un commissaire des guerres, Dumouriez fait ses premières armes dans la guerre de Sept Ans ; plus doué pour l'intrigue que pour l'héroïsme, il est vite chargé de diverses missions plus diplomatiques que militaires en Espagne, en Corse, en Pologne et en Suède (1763-1773) ; il connaît plus d'une aventure mal élucidée et fait une fois six mois de Bastille. Maréchal de camp (général de brigade) en 1788, il lie partie avec les Jacobins et se trouve, en 1792, ministre des Relations extérieures puis de la Guerre ; contraint de démissionner, il part à l'armée du Nord et en prend le commandement après la désertion de Lafayette. Par ses audacieuses manœuvres, il est sans conteste le principal vainqueur de Valmy ; la façon dont il laisse l'armée prussienne se retirer ensuite sans chercher à la détruire lui attire aussitôt la suspicion de Marat, qui flaire en lui, déjà, le candidat dictateur. Sa victoire de Jemappes livre la Belgique à la République ; il rêve alors de se constituer une sorte de proconsulat dans les Pays-Bas pour, de là, dicter ses volontés à Paris. Il envahit la Hollande, mais est pris de flanc et vaincu à Neerwinden (18 mars 1793) ; il s'abouche alors avec les Autrichiens, essuie le feu de ses propres troupes, qu'il veut entraîner à marcher contre la Convention, et passe dans les rangs de l'ennemi avec son état-major. Moins connue, la seconde partie de la vie de Dumouriez reste fertile en intrigues ; il offre d'abord en vain ses services à diverses puissances contre-révolutionnaires avant de les voir enfin agréés par l'Angleterre ; il s'occupe d'espionnage, de fourniture d'armes, de diplomatie et de problèmes militaires ; il s'emploie à réconcilier les futurs Louis XVIII et Louis-Philippe ; il est lié à Pichegru lors du complot de Cadoudal (c'est peut-être lui surtout dont la police consulaire, trompée par un faux rapport, cherchait l'arrestation en déclenchant le raid qui coûtera la vie au duc d'Enghien) ; il conseille fort intelligemment Wellington et les guérilleros espagnols sur les tactiques à adopter contre l'armée napoléonienne ; il se retrouve dans l'ombre des intrigues de Bernadotte et de Moreau en 1813. Il finira ses jours en Angleterre, entouré d'une si louche auréole d'agent double que la Restauration elle-même (à laquelle il avait contribué) n'osera pas lui permettre de rentrer en France.

Le général Dumouriez

Le général Dumouriez

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Le général Dumouriez, nommé ministre des Affaires étrangères et commandant de l'armée du Nord, remporta en 1792 les batailles de Valmy et de Jemmapes, livrant ainsi toute la Belgique à la France. 

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—  Jean MASSIN

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DANTON GEORGES JACQUES (1759-1794)

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Dans le chapitre « Le tribun populaire »  : […] Né à Arcis-sur-Aube, avocat au Conseil du roi, Danton ne joue aucun rôle dominant avant le 10 août 1792. Il est d'abord une notabilité de quartier, mis en vedette comme président du district des Cordeliers ; il se fait remarquer ensuite par sa fougueuse éloquence (« le Mirabeau de la populace ») au club des Jacobins (et non au club des Cordeliers, qu'il fréquentera fort peu). Déjà se marque en lu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-jacques-danton/#i_41123

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Jean MASSIN, « DUMOURIEZ CHARLES FRANÇOIS DU PÉRIER dit (1739-1823) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/dumouriez/