DOMINO, papier

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Le mot « domino », peut-être d'origine italienne, désigne dès le xve siècle les productions d'artisans qui travaillent le papier et le carton pour en faire des plats de reliure et des boîtes ; ils impriment aussi et ils peignent des feuilles décoratives, des images et des cartes à jouer. Rabelais cite les dominotiers, que des édits de la fin du xvie siècle associent aux tapissiers. Les dominotiers resteront jusqu'à la fin de leur art, au milieu du xixe siècle, des artisans polyvalents, fabriquant aussi bien des images et des cartes que des papiers d'une couleur ou des feuilles ornées pour les gardes de livres, les fonds de coffrets ou de meubles et la tapisserie. Pour ce dernier genre, ils utilisent des bois gravés, taillés en relief et imprimés en noir, les couleurs étant généralement obtenues par la peinture à l'eau appliquée au pochoir.

Au xviiie siècle surtout, dans toute l'Europe, certains dominotiers, dont les graveurs travaillent aussi pour les indiennes, développent singulièrement la branche de leur activité consacrée à la tapisserie. Jean-Baptiste Papillon est à cet égard célèbre, mais également d'autres fabricants d'Orléans, de Rouen, de Chartres et de Paris, villes où, précisément, la production des images est particulièrement importante en nombre et en qualité. Les papiers dominotés, d'un bel effet décoratif, restent d'un emploi assez limité sur les murs. Jusqu'à la fin de leur production, vers 1830, ils continuent d'être produits en petites feuilles, difficiles à raccorder, et leurs procédés d'impression et de coloriage ne permettent ni le flocage (hachures d'étoffes que l'on projette sur un mordant imprimé au moyen de bois gravés), imitant le tissu, ni la peinture à la détrempe, qui consacrera l'usage du papier en guise de tenture. L'ère industrielle mettra un terme à l'activité des dominotiers, restés pendant plus de quatre siècles traditionnellement attachés à des techniques immuables qui ont produit des chefs-d'œuvre, aussi longtemps que la machine ne s'est pas substituée à la main de l'homme.

—  Jean-Pierre SEGUIN

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Dès la seconde moitié du xiv e siècle, en Europe, la technique de la gravure sur bois, en relief, permet de décorer des toiles ou du papier. Au xv e siècle, on sait fabriquer des papiers peints de couleur unie, ou ornés de gravures faites à la planche et imitant les dessins des tissus, ou même, en Allemagne vers 1470, donner à des toiles ou à des papiers veloutés, ou « tontisses », saupoudrés d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/papiers-peints/#i_46104

Pour citer l’article

Jean-Pierre SEGUIN, « DOMINO, papier », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/domino-papier/