THAR DÉSERT DE

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Le désert de Thar est une vaste étendue (environ 200 000 kilomètres carrés) de dunes sableuses mobiles située en partie dans l'État indien du Rajasthan et au Pakistan. Il est entouré par la plaine de l'Indus à l'ouest, les monts Aravalli au sud-est, le Rann de Kutch au sud et la plaine du Pendjab au nord et au nord-est. Sa désertification est due à l'aridité des vents de mousson, qui apportent peu de pluie. Le nom de Thar vient du mot t'hul, qui désigne localement les dunes de sable.

Le sable du désert repose sur du gneiss, roche métamorphique proche du granite, datant du début du Précambrien (il y a de 3 800 à 570 millions d'années), des roches sédimentaires (vieilles de 2 500 à 570 millions d'années) et des alluvions plus récentes. Les sables de surface ont été déposés par le vent au Quaternaire.

Le désert présente une surface ondulée : des dunes basses et élevées alternent, séparées par des plaines sablonneuses et des collines basses. Les dunes, perpétuellement en mouvement, ont une taille et une forme variables. Les plus anciennes, s'élevant souvent à près de 150 mètres, sont cependant stabilisées. Plusieurs lacs salés sont éparpillés dans la région.

Les sols, bien drainés et de nature calcaire, ont une texture très grossière. Balayés par les sables, ils subissent une forte érosion éolienne et sont en général stériles.

Les précipitations annuelles sont souvent faibles (de 100 millimètres dans l'ouest à 500 millimètres dans l'est) et très irrégulières d'une saison ou d'une année à l'autre. Près de 90 p. 100 des pluies annuelles arrivent avec la mousson du sud-ouest, de juillet à septembre. Les températures maximales (50 0C) surviennent en mai et juin. Il gèle souvent en janvier, mois le plus froid (température minimale moyenne comprise entre 5 et 10 0C). Les tempêtes et les vents chargés de poussière (qui soufflent souvent à 150 kilomètres par heure) sont fréquents en mai et juin.

La végétation, essentiellement constituée de plantes herbacées (euphorbe) et de broussailles rabougries, compte quelques espèces arborées (arbre à gomme arabique sur les collines, arbre khejri dans les plaines).

La faune des plaines, peu variée, comprend quelques mammifères (antilope cervicapre, gazelle de l'Inde), du gibier à plumes (francolin, caille) ainsi que des oiseaux migrateurs (ganga, canard, oie). Le désert abrite la grande outarde, en voie de disparition. Les principaux animaux d'élevage sont les bovins (lait, travaux agricoles), les moutons (laine) et les dromadaires (transport, travaux des champs).

La plupart des habitants vivent dans des zones rurales, plus ou moins denses. Les coutumes, rites et modes vestimentaires sont très variés. La population, musulmane et hindouiste, est divisée en catégories socio-économiques complexes. Les nomades, qui n'appartiennent à aucun groupe ethnique spécifique, vivent souvent de l'élevage, de l'artisanat ou du commerce, en symbiose avec les villageois.

Les graminées, principales ressources naturelles du désert, fournissent de la pâture, des plantes médicinales (alcaloïdes) et sont utilisées pour faire du savon. L'eau est extrêmement rare. Les eaux de pluie sont récupérées à des fins domestiques. La plupart des eaux souterraines, salées et enfouies en profondeur, sont inexploitables. De bons aquifères ont cependant été détectés dans le centre du désert.

Des canaux irriguent les champs de blé et de coton dispersés dans le désert. Le barrage de Sukkur sur l'Indus, achevé en 1932, permet d'arroser le sud du désert de Thar au Pakistan, tandis que le nord reçoit l'eau de la Sutlej par le canal Gang. Le canal du Rajasthan irrigue une grande partie du désert de Thar en Inde. Il part du barrage de Harike, à la confluence de la Sutlej et de la Beas dans le Pendjab (Inde), et continue vers le sud-ouest sur 470 kilomètres.

Les centrales thermiques (charbon, pétrole), construites dans les grandes villes, n'alimentent que des installations locales. Il existe une centrale hydroélectrique à Nangal, sur la Sutlej, dans le Pendjab.

Peu de routes et de voies ferrées traversent le désert de Thar. Une ligne de chemin de fer dessert le sud de la région. Dans la partie indienne, une seconde ligne relie Merta à Suratgarh via Bikaner, tandis qu'une autre va de Jodhpur à Jaisalmer. Au Pakistan, une ligne ferroviaire relie Bahawalpur à Hyderabad.

Au lendemain de la pa [...]

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Pour citer l’article

« THAR DÉSERT DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/desert-de-thar/