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CZESTOCHOWA

Située au confluent de la Stradomka et de la Warta tout au nord du Jura cracovien, Czȩstochowa (245 000 hab. en 2007) s'étale au pied de la colline de Jasna Góra (la Montagne Claire), à laquelle elle doit sa célébrité.

À son sommet s'élèvent, en effet, les bâtiments imposants et fortifiés du couvent des Paulins et ceux plus élancés de la basilique Sainte-Croix dont une chapelle, riche en fresques du xive siècle, renferme « l'image miraculeuse de la Vierge à l'Enfant ». Haut lieu du culte de la Vierge noire, Jasna Góra est devenu un centre de très importants pèlerinages.

Czȩstochowa fut longtemps une petite bourgade dont les habitants extrayaient le minerai de fer et travaillaient les métaux ; elle est devenue au xixe siècle un centre métallurgique de premier ordre. L'ancienne aciérie, transformée, au temps du régime communiste, en combinat métallurgique, a pris de l'extension et a favorisé l'essor des constructions mécaniques. La ville, qui possède aussi des usines textiles, chimiques, papetières, agroalimentaires, est devenue un centre industriel puissant et intégré qui s'est doté d'écoles supérieures, notamment d'une école polytechnique. Son rôle régional reste cependant modeste dans une Pologne méridionale riche en métropoles très actives.

Au monastère de Jasna Góra, fondé en 1382 par le futur roi Ladislas (Jagellon Ier), les religieux paulins protègent l'icône de la Vierge noire, attribuée, comme tant d'autres effigies de ce genre, à l'évangéliste saint Luc. Malgré les pillages entraînés par les nombreuses guerres, hussites, suédoises ou russes, qu'a connues la Silésie, l'image sainte a toujours été préservée. En 1655, la levée inespérée du siège que les Suédois, forts de neuf mille hommes, imposaient aux moines isolés fut considérée comme un miracle. Depuis cette date, l'occupation et les dégradations (1772, 1793, 1813...) ne diminuèrent aucunement le prestige du sanctuaire où l'on vénère en la Vierge la patronne nationale.

L'histoire contemporaine montre même que l'adversité, loin de l'affaiblir, a fait de celui-ci un foyer de l'identité polonaise. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui plaça le pays sous l'influence de l'Union soviétique, le pèlerinage annuel, commémoré simultanément dans toutes les églises de Pologne, prit une nouvelle importance. L'élection du cardinal Wojtyla, archevêque de Cracovie, au siège pontifical (1978) allait donner plus d'ampleur encore à cette manifestation, notamment l'année de l'attentat dont il fut victime (1981). Les nombreux voyages qu'il fit dans sa patrie et au cours desquels la ferveur qu'il suscita s'ajouta à la vénération de la Vierge noire renforcèrent et révélèrent au monde entier le rôle du catholicisme national.

— Jean-Paul VOLLE

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Écrit par

  • : professeur agrégé des Universités, professeur à l'université de Montpellier-III-Paul-Valéry

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CRACOVIEN JURA

    • Écrit par Jean-Paul VOLLE
    • 228 mots

    Le plateau de Cracovie-Czȩstochowa ou Jura cracovien (altitude moyenne : 450 mètres) s'étale en une longue échine de Cracovie à Wielun où il s'enfonce progressivement sous les formations quaternaires de la Warta. Les calcaires du Jurassique supérieur dominent les roches plus tendres du...

Voir aussi