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CYRANO DE BERGERAC (E. Rostand) Fiche de lecture

En 1897, Edmond Rostand (1868-1918) s’est déjà fait connaître comme poète et surtout comme dramaturge, avec plusieurs pièces, dont Les Romanesques (1894) et La Samaritaine (1897). Ces succès d’estime sont balayés le 28 décembre 1897, jour de la première de Cyrano de Bergerac au théâtre de la Porte-Saint-Martin à Paris. La pièce, commandée à l’auteur par le célèbre acteur Constant Coquelin (dit Coquelin l’Aîné), reçoit un accueil partagé de la critique. Mais le public lui fait un véritable triomphe, à la grande surprise de Rostand lui-même, qui ne se doutait pas que cette « comédie héroïque » en cinq actes et en vers consacrée à un auteur oublié déclencherait un tel enthousiasme et connaîtrait une telle postérité.

« Cyrano de Bergerac, qui fut tout et qui ne fut rien »

Acte I. En 1640, au théâtre de l’hôtel de Bourgogne, on s’apprête à jouer La Clorise, de Balthazar Baro. Dès l’apparition du comédien Montfleury, Cyrano de Bergerac interrompt la représentation, au grand mécontentement des nobles présents dans la salle. Poussé par le comte de Guiche, le vicomte de Valvert provoque Cyrano sur la taille de son nez, et s’attire pour réplique une tirade devenue célèbre. S’ensuit un duel qui voit Cyrano vaincre le vicomte tout en composant une ballade. À la fin de l’acte, Cyrano avoue à son ami Le Bret son amour pour sa cousine Roxane, qui a assisté à la scène.

Acte II. Dans la boutique de Ragueneau, pâtissier-rôtisseur et grand amateur de poésie, Cyrano apprend que Roxane veut le voir. Son espoir est vite déçu : c’est pour lui dire qu’elle aime le jeune et beau baron Christian de Neuvillette, qui vient d’être affecté au régiment des cadets de Gascogne où sert justement Cyrano, et lui demander de le parrainer. Un peu plus tard a lieu la rencontre entre les deux hommes : Christian explique à Cyrano qu’il est amoureux de Roxane mais qu’il ne sait pas parler d’amour, ce que la jeune femme, en précieuse amatrice de beau langage, ne pourra supporter. Cyrano propose à Christian d’écrire une lettre à sa place.

Acte III. De Guiche, qui a des vues sur Roxane, lui annonce qu’il part pour la guerre contre les Pays-Bas espagnols et emmène les cadets avec lui. Habilement, elle le convainc de n’en rien faire, puis feint d’être prête à céder à ses avances : ils conviennent de se retrouver dans un couvent de capucins. Christian déclare enfin son amour à Roxane, avec une telle maladresse qu’il la fait fuir. Plus tard, il se poste sous son balcon et lui adresse les mots que lui souffle Cyrano, avant que celui-ci ne prenne lui-même la parole à sa place en dissimulant sa voix. Séduite, Roxane succombe et Christian monte l’embrasser. Afin d’échapper à de Guiche, elle se rend avec Christian dans le couvent de capucins et, par ruse, obtient qu’ils soient mariés sur-le-champ, tandis que Cyrano retarde le comte en lui racontant son voyage dans la Lune. Lorsqu’il découvre qu’il a été berné, de Guiche se venge en emmenant le régiment au combat.

Acte IV. Au siège d’Arras, les cadets, affamés, ont pour ordre de retarder l’ennemi le plus longtemps possible. Roxane fait soudain irruption dans le camp dans un carrosse plein de vivres conduit par Ragueneau. Cyrano révèle à Christian que, plusieurs fois par jour, il a franchi les lignes espagnoles pour transmettre de sa part des lettres à la jeune femme. Christian comprend que ce sont ces lettres qui la transportent et que c’est avant tout « son » esprit qu’elle aime en lui. Lorsque Cyrano lui avoue son amour pour Roxane, il le persuade de se déclarer, mais l’annonce de la mort de Christian au combat l’en empêchera.

Acte V. Quatorze ans plus tard, dans le couvent où elle s’est retirée depuis la mort de Christian, Roxane attend la visite quotidienne de Cyrano. Celui-ci arrive en retard – on apprend qu’il vient d’être victime d’une agression[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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