MORALES CRISTÓBAL DE (1500 env.-1553)

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Compositeur le plus éminent de l'école andalouse et maître du Siècle d'or espagnol, Morales connut la renommée internationale la plus grande, de son vivant et après sa mort. Il étudia certainement avec le père Fernández de Castilleja, maître de chapelle à la cathédrale de Séville ; en 1526, il occupait cette fonction à la cathédrale d'Ávila, puis à celle de Plasencia (1528-1531). En 1534, le pape Clément VII lui procura un bénéfice canonial à la cathédrale de Salamanque. De 1535 à 1545, il est chanteur à la chapelle Sixtine ; on le retrouve maître de chapelle à Tolède (1545-1547), puis au service du duc d'Arcos à Marchena, près de Séville. En 1551, il est maître de chapelle à Málaga. Il écrivit surtout de la musique religieuse : 21 messes de quatre à dix voix (Venise, 1542 ; Rome, 1544), 16 Magnificat à quatre voix (Venise, 1542), 91 motets de trois à huit voix (Venise, 1546), des lamentations de quatre à six voix (Venise, 1546), 11 hymnes, 1 madrigal et 1 villancico. Le style de Morales est influencé par celui de l'école franco-flamande, dont il est à peu près le seul Espagnol à savoir et à vouloir s'inspirer, et cela par l'intermédiaire de Francisco de Peñalosa, chantre à la cour. On peut le situer, ainsi, entre Josquin et Palestrina. Dans ses messes, il utilise comme « cantus firmus » des thèmes profanes (deux fois dans L'Homme armé, par exemple), qu'il sait traiter avec une facilité étonnante. Guerrero notamment fut son disciple, et son autorité est invoquée par J. Bermudo, Pietro Cerone (1566-1625) et, au xviiie siècle, par A. Soler. Ses principes esthétiques concernant la musique sacrée furent ratifiés par le Concile de Trente, qui commença dix ans après sa mort. Une grande expressivité, née du texte liturgique, pour ne pas dire l'expressionnisme propre à la musique espagnole du xvie siècle (dramatisme), ne lui est pas étrangère, bien qu'il soit plus sobre que beaucoup de ses contemporains et successeurs immédiats de la péninsule Ibérique.

—  Pierre-Paul LACAS

Écrit par :

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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ESPAGNE (Arts et culture) - La musique

  • Écrit par 
  • Luis CAMPODÓNICO, 
  • Pierre-Paul LACAS
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Dans le chapitre « Des « cantigas » au Siècle d'or »  : […] Tout comme le romancero sera, dès le xiv e  siècle, le point de départ d'une poésie née dans le peuple et aboutissant au verbe lumineux des poètes du Siècle d'or (Garcilaso de la Vega, saint Jean de la Croix, Luis de Góngora y Argote, Lope de Vega, Francisco Gómez de Quevedo y Villegas), contemporains du Greco (1541-1614) et de Zurbarán (1598-1664), les cantigas auront été l'antécédent lointain […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « MORALES CRISTÓBAL DE (1500 env.-1553) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cristobal-de-morales/