PATMORE COVENTRY (1823-1896)

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Fils d'un écrivain de quelque célébrité, Patmore bénéficie d'une éducation aristocratique ; devenu l'ami de Tennyson et de Ruskin, il collabore, dès 1850, à l'organe des préraphaélistes, The Germ. Soudainement ruiné par les spéculations de son père, il devient bibliothécaire au British Museum, puis atteint une grande célébrité par la publication d'une série de recueils poétiques sous le titre général de L'Ange dans la maison (The Angel in the House, 1854-1856). Devenu catholique après la mort de sa première femme, il publie, après un second mariage, L'Éros inconnu (The Unknown Eros, 1877), puis Amelia (1878). Auteur d'essais et d'articles dans divers périodiques, il publie, peu avant sa mort, trois recueils d'essais mystiques, Principe dans l'art (Principe in Art, 1889) Religio Poetae (1893) et Tige, racine et fleur (The Rod, the Root and the Flower, 1895), ce dernier volume étant presque exclusivement constitué d'aphorismes mystiques.

Autant les poèmes de L'Ange dans la maison, récit édifiant d'un roman d'amour victorien et bourgeois, datent et font aujourd'hui sourire, autant les odes irrégulières de L'Éros inconnu, méditations passionnées sur la signification mystique de l'amour, restent grandes et profondément émouvantes. Leurs thèmes, comme leur forme métrique libre, étaient déjà annoncés dans certains des poèmes, les « Préludes », du premier recueil. Patmore avait d'ailleurs écrit, dès 1857, un essai sur le vers anglais (reproduit dans l'édition d'Amelia de 1878, ainsi que dans l'édition collective de ses œuvres poétiques de 1886) ; cet essai fait date dans l'histoire de la prosodie anglaise. À le lire, on ne s'étonne pas qu'il ait eu pour ami et correspondant le jeune poète jésuite, Gerard Manley Hopkins, dont l'œuvre posthume eut, après sa publication en 1918, une influence si vigoureuse sur la poésie moderne de langue anglaise. Les essais et aphorismes en prose des derniers recueils contiennent des pages remarquables sur l'esthétique, le symbolisme et la mystique. Ils firent, de même que les poèmes de L'Éros inconnu, l'admiration de Claudel, qui en traduisit plusieurs et qui voyait en Patmore un grand poète de l'amour humain comme de l'amour divin.

—  Pierre DANCHIN

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Dans le chapitre « Poésie »  : […] (The City of Dreadful Night, 1874). Le courant de mysticisme catholique en reste indemne, dans le cas de Coventry Patmore, chantre serein de l'amour conjugal, mais non pas chez Francis Thompson torturé par l'angoisse et la misère physique. Les inquiétudes politiques et sociales profondément ressenties apportent aux […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epoque-victorienne/#i_41778

Pour citer l’article

Pierre DANCHIN, « PATMORE COVENTRY - (1823-1896) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/coventry-patmore/