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STILL CLYFFORD (1904-1980)

« Dramaturge qui cultive le contraste le plus entier », ainsi Barbara Rose, dans L'Art américain depuis 1900 (Bruxelles, 1969), définit-elle le peintre américain Clyfford Still. Au sein de l'expressionnisme abstrait américain, il tend vers une peinture plus statique que dynamique. Alors que Pollock et De Kooning explorent toutes les possibilités de l'abstraction gestuelle et graphique, Still, comme Rothko, insiste surtout sur la confrontation violente et parfois dramatique des grandes surfaces de couleurs pures. Avant de s'établir à New York en 1950 et de travailler avec Pollock et De Kooning, Still passe près de dix ans à San Francisco, où, professeur à la California School of Fine Arts, il a un rayonnement considérable. Ses premières œuvres, des peintures violemment colorées, évoquent certains paysages romantiques et surréels déchirés par les éclairs stridents d'une lumière artificielle où semblent se lire certaines configurations naturelles et déchiquetées, telles que ravins, cañons ou crevasses. Peu à peu, délaissant tout anecdotisme, le peintre ne joue plus que sur les variations d'une matière riche et dense et sur celles d'une couleur violemment saturée. Il atteint ainsi à un sens cosmique et parfois mystique de l'espace d'une rare originalité. Partant d'un ton dominant (très souvent noir), toujours sombre et chaud, il l'étire sur la surface de la toile pour le confronter avec une couleur contrastée (jaune ou rouge) qui strie l'espace comme une flamme. Refusant toute concession, ne travaillant que sur de très grandes surfaces, Still, qui ne donne jamais de titre à ses œuvres (l'Albright Knox Gallery à Buffalo en possède une quarantaine), instaure un environnement qui oblige le spectateur à une confrontation brutale, immédiate et parfois dramatique avec l'œuvre d'art.

— Maïten BOUISSET

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - Les arts plastiques

    • Écrit par François BRUNET, Éric de CHASSEY, Universalis, Erik VERHAGEN
    • 13 464 mots
    • 22 médias
    ...artistes, ce passage est progressif et se fait par l'abandon des distinctions entre les figures et le fond, qui conduit à unifier le champ pictural. Chez Still, dès 1943, les figures anthropomorphes se réduisent à des traits, puis les tableaux se composent uniquement de la juxtaposition de formes irrégulières...
  • NEW YORK ÉCOLE DE

    • Écrit par Maïten BOUISSET
    • 1 578 mots
    • 1 média
    ...l'éclatement des formes et la saturation de la couleur. En donnant priorité au rythme et à la violence du geste, il abolit la composition traditionnelle. Clyfford Still élabore également une peinture à l'échelle de la peinture murale en une sorte de dramaturgie colorée qui s'affirme par la seule présence...

Voir aussi