BARNUM CIRQUE

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L'Américain Phinéas T. Barnum (1810-1891), par une réclame tapageuse, fondée sur des affirmations mensongères, d'invention souvent drolatique, conquiert, un demi-siècle durant, d'innombrables foules, parfois sceptiques, mais jamais déçues. Il exhibe successivement : la nourrice de George Washington, une vieille négresse aveugle et à moitié paralysée ; la sirène des îles Fidji, une tête de singe cousue sur un corps de poisson ; le général Tom Pouce « mesurant un peu plus de 0,60 mètres et ne pesant que 6,750 kilogrammes ». Il présente aussi la cantatrice Jenny Lind, « le rossignol suédois », dont Meyerbeer déclarait qu'elle avait « une voix chaste et pure, pleine de grâce et de virginalité ». À soixante ans, il organise avec deux entrepreneurs d'attractions foraines une tournée qui, avec sa collection de curiosités, sa ménagerie et son spectacle de cirque, préfigure celles qu'adopteront les grands cirques voyageurs américains : équipes d'afficheurs, déplacements en chemin de fer et spectacle à trois pistes. Barnum meurt le 7 avril 1891, après s'être inquiété du montant de la recette de la journée, laissant une fortune considérable et, dans ses bureaux, un coffre renfermant l'héritage laissé à ses collaborateurs : un exemplaire pour chacun d'eux de La Vie de Phinéas T. Barnum écrite par lui-même.

Le Général Tom Pouce, en 1866

Le Général Tom Pouce, en 1866

Photographie

La gloire et la fortune de Barnum durent beaucoup à Charles S. Stratton (1838-1883). Découvert à l'âge de cinq ans et exhibé comme le «Général Tom Pouce d'Angleterre, âgé de 11 ans», le lilliputien fut longtemps la grande attraction des side shows à l'américaine. 

Crédits : Hulton Getty

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À sa mort, Bailey, son associé, poursuit l'exploitation du cirque. Après l'Amérique, ce va être l'Europe. Un paquebot, le Massachusetts, transporte plus de mille artistes et employés, cinq cents chevaux, vingt éléphants, des wagons et plates-formes constituant un train de deux kilomètres. Pendant dix-huit mois, le cirque Barnum and Bailey parcourt l'Europe centrale, traverse la Hollande et la Belgique pour s'installer, au cours de l'hiver de 1901, à Paris, dans la Galerie des machines du Champ-de-Mars. À la première représentation, le Tout-Paris est là : la famille d'Émile Loubet, le président du Conseil et ses ministres, les ambassadeurs et les grands corps de l'État ; on se montre du doigt Émile Zola, qui voisine avec Dufayel. Sur les [...]

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Jean BAUDEZ, « BARNUM CIRQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/cirque-barnum/