HOHENLOHE CHLODWIG, prince de Hohenlohe-Schillingsfürst (1819-1901)

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Appartenant à une famille princière souveraine médiatisée, Hohenlohe-Schillingsfürst, après des études de droit, se destine à la carrière diplomatique au service de la Prusse. Une convention successorale avec son frère aîné lui attribue le majorat bavarois de Schillingsfürst et fait de lui un membre héréditaire de la Chambre haute bavaroise (Reichsräte) en 1844. Tenant d'une politique orientée vers l'unification de l'Allemagne sous direction prussienne, après Sadowa (1866), il accède, en qualité de chef de file de l'opposition à l'alliance autrichienne, au poste de Premier ministre bavarois. Sa politique est celle de l'alliance avec la Prusse, mais il essaie d'assurer à la Bavière une place à part dans la nouvelle Allemagne. À l'intérieur, il lutte contre les particularistes et les catholiques. Il est contraint à la démission au début de 1870. Élu député au Reichstag en 1871, il soutient la politique de Bismarck. En 1874, il succède à Arnim, favorable au principe monarchique en France, comme ambassadeur à Paris. Sur les instructions de Bismarck, Hohenlohe encourage la mise en place du régime républicain. En 1885, il est appelé à prendre la succession du maréchal von Manteuffel comme Statthalter de la « terre d'Empire » (Reichsland) d'Alsace-Lorraine. Il doit faire face, en mars 1887, à la crise la plus grave qu'ait traversée l'Alsace-Lorraine et qui constitue le tournant de l'histoire de la terre d'Empire. Au chantage à la guerre du ministère répond une vague de suffrages protestataires lors des élections au Reichstag. Bismarck, sous la pression des militaires et de la majorité du ministère, est décidé à la répression la plus dure : suspension de la Constitution de 1879, partage de l'Alsace-Lorraine ou annexion à la Prusse. Hohenlohe se bat pour conserver son poste en même temps que pour maintenir l'unité de l'Alsace-Lorraine. On se contente finalement de poursuites contre les chefs de file du mouvement de protestation libéral-démocrate et de restrictions sur la circulation des personnes entre la France et l'Alsace-Lorraine. Ces mesures et les menaces ont contraint le pays au silence. En 1894, Hohenlohe est appelé à succéder au chancelier Caprivi. Vieilli, il laisse gouverner le souverain, ses secrétaires d'État ou ministres, en particulier Bülow au ministère des Affaires étrangères. À la fin de 1900, il remet sa démission et meurt quelques mois plus tard.

—  François IGERSHEIM

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Dans le chapitre « Le Deuxième Reich (1871-1918) »  : […] L'Allemagne sort agrandie de la guerre de 1870 qu'elle vient de remporter sur la France, grâce à la victoire de Sedan (2 sept. 1870) et à la reddition de Paris (28 janv. 1871) . Son accroissement est double : la Confédération de l'Allemagne du Nord voit s'agréger à elle les quatre États du Sud qui s'étaient tenus écartés en 1867. Le nouvel Empire ainsi constitué acquiert, par le traité de Francfo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/allemagne-histoire-allemagne-moderne-et-contemporaine/#i_11012

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François IGERSHEIM, « HOHENLOHE CHLODWIG, prince de Hohenlohe-Schillingsfürst (1819-1901) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/chlodwig-hohenlohe/