MARTINU BOHUSLAV (1890-1959)

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Quatrième grand nom de la musique tchèque après Smetana, Dvořak et Janáček, c'est vers la France que contrairement à eux, et dès sa prime jeunesse, Martinů se tourne. Sous le choc de la découverte de Pelléas, il compose vers 1910 quantité d'œuvres restées inédites. Son activité de second violon à la Philharmonie tchèque lui fait découvrir également Ravel, Dukas et surtout Roussel, dont il devient l'élève après s'être fixé à Paris en 1923. Il y reste jusqu'en 1940, faisant partie de cette école de Paris formée de musiciens originaires comme lui d'Europe centrale ; il écrit une musique à la fois influencée par la France et intensément tchèque. Après avoir vécu aux États-Unis de 1941 à 1953, il partage ses dernières années entre Nice, Rome et la Suisse où il meurt chez son ami le chef d'orchestre et mécène Paul Sacher.

Son œuvre, forte de près de quatre cents ouvrages, se ressent de quatre influences décisives : au folklore tchéco-morave et à la révolution debussyste déjà cités s'ajoutent en effet le madrigal anglais de la Renaissance (pour son contrepoint chantant et polymélodique) et surtout le concerto grosso de l'époque baroque, à la base de sa conception de la « musique de chambre à l'échelle symphonique » et aussi à l'origine de son abandon de la dialectique thématique classique au profit de la prolifération organique de très brèves cellules. De la violence rythmique et polytonale de ses premières œuvres, il passe progressivement au lyrisme plus ample et plus détendu de la période américaine, puis au néo-impressionnisme empreint de liberté de ses ultimes années. Pour le théâtre, on lui doit notamment Juliette ou la Clé des songes, d'après Georges Neveux (1936-1937), et Passion grecque (1956-1959) d'après Le Christ recrucifié de Nikos Kazantzakis ; à l'orchestre, six symphonies (1942-1953), Les Fresques de Piero della Francesca (1955), Paraboles (1958), une trentaine de concertos, dont cinq pour piano, trois pour violon et trois pour violoncelle ; à l'orchestre de chambre, le Double Concerto, écrit sous le coup des événements de 1938 ; en musique de chambre, environ quatre-vingt-dix partitions dont sept quatuors à cordes ; pour piano, quelque quatre-vingts recueils ; dans le domaine vocal, plus de cent mélodies, dont la Messe au champ d'honneur (1939), Gilgamesch (1955) et Prophétie d'Isaïe (1959).

—  Marc VIGNAL

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Marc VIGNAL, « MARTINU BOHUSLAV - (1890-1959) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bohuslav-martinu/