SILLS BEVERLY (1929-2007)

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Pour les Américains, elle incarnait l'opéra. Beverly Sills fut successivement l'une des étoiles du chant américain et une grande administratrice d'opéras qui a su maintenir aux meilleurs niveaux les deux principales scènes lyriques new-yorkaises.

Belle Silverman, de son véritable nom, voit le jour à Brooklyn le 25 mai 1929. À l'âge de trois ans, elle chante en public et se produit à la radio sous le surnom de « Bubbles » Silverman. À sept ans, elle opte pour le nom sous lequel elle fera carrière. Elle remporte plusieurs concours radiophoniques de chant amateur et travaille avec la soprano Estelle Liebling, qui la guidera jusqu'à sa mort, en 1970. Mais ses parents mettent fin provisoirement aux prestations publiques et Beverly accomplit une scolarité normale, tout en travaillant également le piano avec Paolo Gallico. À seize ans, elle chante des rôles d'opérette ; l'année suivante, elle incarne Micaëla (Carmen de Bizet) dans un spectacle d'élèves avant de faire ses débuts professionnels dans Frasquita (Carmen) au Civic Opera de Philadelphie en 1947. Puis elle est engagée par la Charles Wagner Opera Company, avec laquelle elle se produit en tournée aux États-Unis et au Canada dans Micaëla (soixante-trois représentations consécutives). En 1953, elle est engagée à l'Opéra de San Francisco, où elle incarne Elena (Mefistofele de Boito) puis Donna Elvira (Don Giovanni de Mozart). Elle chante également pour la première fois le rôle-titre de Manon de Massenet à l'Opéra de Baltimore. Deux ans plus tard, ce sont ses débuts au New York City Opera dans Rosalinde (La Chauve-souris de Johann Strauss). Elle devient rapidement l'une des têtes d'affiche de cette compagnie, avec laquelle elle remporte de très grands succès dans Elisabetta (Roberto Devereux de Donizetti), ainsi que dans les rôles-titres d'Anna Bolena, de Maria Stuarda et de Lucia di Lammermoor de Donizetti, de Norma de Bellini, et dans la Reine du Coq d'or de Rimski-Korsakov. En 1958, elle participe à la création de The Ballad of Baby Doe de Douglas S. Moore (rôle-titre).

La chance sourit à Beverly Sills en 1966, lorsqu'elle incarne Cléopâtre dans Giulio Cesare de Haendel au New York City Opera, en présence des critiques du monde entier, venus pour l'inauguration du Lincoln Center et la création, au Metropolitan Opera, d'Antony and Cleopatra de Samuel Barber. En une soirée, son nom fait le tour du monde. Elle est invitée en Europe où elle débute en 1967 dans la Reine de la nuit (La Flûte enchantée de Mozart) à la Staatsoper de Vienne. En 1969, elle triomphe à la Scala dans un ouvrage alors oublié de Rossini, Le Siège de Corinthe (Pamyre). Elle se produit au San Carlo de Naples, au Teatro Colón de Buenos Aires (1967), au Covent Garden de Londres (rôle-titre de Lucia di Lammermoor, 1970). Elle enrichit son répertoire des principaux emplois de coloratures : Gilda (Rigoletto de Verdi), rôle-titre de Louise de Gustave Charpentier, les rôles de soprano des Contes d'Hoffmann d'Offenbach. Au total, elle chantera soixante-dix rôles au cours de sa carrière. Elle ne fait ses débuts au Met qu'en 1975 (Le Siège de Corinthe), où l'on remonte peu à peu à son intention plusieurs opéras oubliés, parmi lesquels Thaïs et Cendrillon de Massenet. Pendant cinq ans, elle reprend ses principaux rôles sur la première scène américaine, tout en se produisant dans des opérettes ou des spectacles de variétés à la télévision.

Peu après, elle se retire de la scène et prend en 1979 la direction du New York City Opera, poste qu'elle occupera jusqu'en 1989. Elle donne sa représentation d'adieux sur cette scène en 1980 puis se consacre à en redresser la gestion. Son charisme lui permet de gagner la confiance de nouveaux sponsors, le niveau artistique remonte et le public croit en elle. Elle ouvre une brèche dans la tradition de l'opéra chanté en anglais en usant, pour la première fois aux États-Unis, du surtitrage. En 1989, elle devient présidente du conseil d'administration du N.Y.C.O. ; en 1991, elle siège au conseil d'administration du Met ; en 1994, elle est présidente du Lincoln Center et, entre 2002 et 2005, présidente du conseil d'administration du Met. Elle se retire lorsque la santé de son mari se détériore. Beverly Sills [...]

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Écrit par :

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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Alain PÂRIS, « SILLS BEVERLY - (1929-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/beverly-sills/