BASILE D'ANCYRE (IVe s.)

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Évêque cappadocien, Basile fut élu au siège d'Ancyre (métropole de la Galatie) par les antinicéens afin de remplacer Marcel, qui avait été déposé par le synode de Constantinople. De 344 (réhabilitation de Marcel par le concile de Sardique) à 350 (mort de Constant), il fut écarté de son siège. Une fois rétabli, il devint le principal animateur de la branche modérée de l'opposition au dogme de Nicée (parti homéousien). Ce parti s'imposa comme la tendance prédominante pendant une dizaine d'années (conciles de Sirmium, en 351 ; d'Ancyre, en 358 ; de Séleucie, en 359), mais il fut supplanté par les ariens radicaux (homéens et anoméens), qui refusaient non seulement l'identité de substance entre le Père et le Fils proclamée à Nicée, mais aussi la similitude totale, quant à la substance, à l'existence et à l'être, qu'enseignait le groupe de Basile. À la suite d'accusations calomnieuses de la part de la secte arienne des acaciens, Basile fut finalement déposé au concile de Constantinople (360) et banni en Illyrie. Il revint peut-être d'exil sous Julien, mais il ne put en tout cas retrouver son siège, occupé par Athanase depuis 360. Avec d'autres évêques de son parti, il adressa à Jovien, en 363, une requête, restée sans effet, demandant de chasser les anoméens des églises et suggérant la convocation d'un concile pour rétablir l'unité de la foi. On perd ensuite la trace de Basile dans l'histoire.

Il ne reste de Basile d'Ancyre qu'une Dissertation (rapportée par Épiphane) qui, composée en 358, expose la doctrine homéousienne. La restitution du traité de Basile de Césarée Sur la virginité à Basile d'Ancyre (Cavallera) est discutée.

Présenté par les sources ecclésiastiques comme un arien prudent qui dissimule ses sentiments véritables, Basile apparaît davantage dans sa Dissertation comme un farouche opposant à toutes les formes extrêmes de l'arianisme. Hilaire et Athanase prétendent d'ailleurs que le seul point de désaccord entre Basile et le dogme de Nicée était le fait qu'il rejetait le terme homoousios (identique en substance). Non biblique, ce terme paraissait menacer, dans le sens du sabellianisme, la distinction entre le Père et le Fils. Basile n'en tenait pas moins à affirmer la parfaite similitude entre le Père et le Fils et, par conséquent, la pleine divinité du Fils. Il semble être demeuré fidèle à cette perspective jusqu'à la fin et on le retrouve dans le clan des « pneumatomaques » (adversaires de la pleine divinité de l'Esprit saint).

—  Richard GOULET

Écrit par :

  • : docteur de troisième cycle, chargé de recherche au C.N.R.S.

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Pour citer l’article

Richard GOULET, « BASILE D'ANCYRE (IVe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/basile-d-ancyre/