VORSTER BALTHAZAR JOHANNES (1915-1983)

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Treizième enfant d'une famille aisée de Jamestown (province du Cap), Vorster a été avocat, député et ministre avant d'être choisi, en septembre 1966, pour succéder comme leader du Parti national, et donc comme Premier ministre de la République sud-africaine, à Hendrik French Verwoerd, qui venait d'être assassiné.

Jeune étudiant, il a eu le docteur Verwoerd comme professeur de psychologie appliquée à l'université de Stellenbosch, où il étudiait aussi le droit. Il s'y est fait remarquer par son esprit caustique, par son habileté à argumenter, mais il se laissait souvent emporter, d'où la violence de ses propos ; il était alors l'un des leaders étudiants du Parti national.

Le choix du Parti national en 1966 semble être le signe d'un renforcement de l'autoritarisme et de la politique d'apartheid, c'est-à-dire de séparation systématique des races. Avant d'appartenir à l'aile d'extrême droite du mouvement du docteur Malan, Vorster avait, en effet, été interné deux ans à Koffiefontein durant la Seconde Guerre mondiale pour avoir participé, avec grade de général, à l'organisation pronazie Ossawa Brandwag, qui préparait des actes de sabotage contre la participation de l'Afrique du Sud à la guerre aux côtés des Alliés, et espérait la victoire de Hitler pour se séparer de la Grande-Bretagne et déclarer la république.

Tout en pratiquant la profession d'avocat à Port Elizabeth (1940-1942), à Barkpan (1943-1944) et à Johannesburg, il se lance dans la politique et se voit au départ rejeté par le Parti national. Battu une première fois en 1948, il est élu député de Nigel en 1953, puis en 1958 ; il est alors nommé ministre adjoint de l'Éducation, des Arts et des Sciences. Verwoerd décidant, après les troubles raciaux de Sharpeville (1960), de confier le maintien de l'ordre à l'homme ferme que semble être Vorster, c'est au poste de ministre de la Justice, de la Police et des Prisons que celui-ci se fait surtout connaître par les mesures de répression qu'il fait adopter et appliquer contre les mouvements nationalistes africains et contre le Parti communiste. En particulier, il fait adopter en 1962 la loi très sévère contre le sabotage, qui oblige l'accusé à faire la preuve de son innocence. En 1963 est adoptée la loi la plus rigoureuse, dite des quatre-vingt-dix jours, qui permet la mise au secret sans jugement pour des périodes répétées de quatre-vingt-dix jours et la détention pour une période indéfinie après l'accomplissement d'une peine pour un délit politique. Pour Vorster, la sécurité de l'État passe avant n'importe quelle autre considération. Pendant toute cette période, de nombreux journaux disparaissent.

En 1966, Hendrik Verwoerd est assassiné ; Vorster le remplace comme Premier ministre et conservera ce poste jusqu'en 1978. Due à l'appui de l'aile droite de son parti — en particulier à l'influente Église réformée hollandaise —, sa nomination au poste de Premier ministre se heurte à l'opposition du Parti uni et des libéraux. Elle fait également craindre que ne se creuse le fossé entre Sud-Africains d'origine anglaise et Sud-Africains d'origine hollandaise.

Depuis son accession au pouvoir, son parti, après de rudes luttes, gagne les élections de 1970 et de 1974. Sur le plan intérieur, Vorster continue à appliquer la politique d'apartheid, mais avec des atténuations ; il insiste sur la nécessité d'un « développement séparé » des différentes communautés sud-africaines et déclare que son pays est un État multinational. Le développement séparé doit, à ses yeux, conduire les populations (noires) très diverses à s'autogérer dans de vastes régions autonomes, dites bantoustans. Ces territoires sont au nombre de neuf, et Vorster pense les conduire à l'indépendance, malgré leur manque de ressources (« On peut être pauvre et indépendant »).

Cette politique se double d'une tentative de contacts avec l'extérieur. Vorster, qui n'était pratiquement jamais sorti d'Afrique du Sud et nourrissait une grande méfiance à l'égard de l'étranger, est le premier ministre sud-africain à se rendre dans un État indépendant noir, le Malawi. Il va également dans un pays allié, la Rhodésie, puis en Europe. Il a accueilli favorablement la proposition du président de la Côte-d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, d'ouvrir le dialogue et, en septembre 197 [...]

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Françoise MEUSY, « VORSTER BALTHAZAR JOHANNES - (1915-1983) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/balthazar-johannes-vorster/