LUNDKVIST ARTUR (1906-1991)

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Écrivain d’une grande diversité et d’une productivité sans égale, Artur Lundkvist fut aussi le « phare » et l'arbitre du goût de l'intelligentsia de son pays, le diffuseur et l'intercesseur de tous les grands mouvements de pensée et d'art du xxe siècle : pour un Français, la comparaison avec un Jean Paulhan s'impose d'emblée. Il fut membre de l'Académie suédoise à partir de 1968.

Artur Lundkvist est né à Oderljunga. Cet enfant de petits fermiers de Scanie se rangea d'abord dans la tendance dite prolétaire qui, durant le xxe siècle, apporta aux lettres scandinaves la plus originale des contributions. Dès ses premiers recueils de poèmes (Ardeur, 1928 ; Vie nue, 1929), il exaltait, en images fulgurantes qui resteront sa marque, un primitivisme — ce que l'on appellera là-bas un vitalisme — qui fait souvent penser à D. H. Lawrence et se ressent de la lecture attentive de Freud. Avec Le Vol d'Icare (1939), il ouvre les voies à un modernisme fracassant dont la coloration majeure était une ouverture étonnante à tous les souffles venus des quatre coins du monde que ce grand voyageur aura explorés méthodiquement. Puis il entrera dans la logique des choses, pour ainsi dire, que l'inspiration s'infléchisse dans un sens politique (pour la social-démocratie, en accord, sur ce point, avec la thématique « prolétaire »), si bien que, dans La Valse de Vindinge (1956), il préfigure avec une étonnante prescience la révolution castriste à Cuba. Toutefois, avec le temps, les exubérances passionnées de la jeunesse s'effacent pour faire place à un pessimisme noir, bien qu'appliqué à célébrer sans en démordre ses « rêves en un temps de tempêtes ». Toute une série de romans plus ou moins historiques (dont le plus attachant est peut-être Esclaves pour le Serkland [1978], sur un motif viking) mériterait le titre qu'il a donné à un essai romanesque sur Goya : Amant de la vie, peintre en noir (1974). On préférera peut-être une manière d'autobiographie comme Voyage en rêve et en imagination (1984), où l'écrivain fait état de ses expériences mentales lors d'une longue et grave maladie.

Mais il se [...]

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Écrit par :

  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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PROLÉTAIRES ÉCRIVAINS SCANDINAVES dits

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
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Dans le chapitre « L'inspiration suédoise : vitalisme et solidarité »  : […] La Suède a ouvert le mouvement avant la Première Guerre mondiale avec une bonne demi-douzaine d'écrivains dont nous retiendrons deux noms : celui de Martin Koch (1882-1940), d'abord, peintre en bâtiment puis journaliste, qui retrace, dans Ellen (1911), l'histoire pathétique de sa fiancée, morte de tuberculose. La vie des ouvriers d'une banlieue de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ecrivains-scandinaves-proletaires/#i_91062

Pour citer l’article

Régis BOYER, « LUNDKVIST ARTUR - (1906-1991) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/artur-lundkvist/