ARTISANAT DU BRONZE (Gaule préromaine)

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Une prouesse technique : le bronze torsadé

Au début du ve siècle apparaissent des objets très caractéristiques : des torques et des bracelets à joncs torsadés. Leur fabrication a donné naissance à une polémique parmi les archéologues. Pour certains, la régularité et le resserrement des spires excluaient l'utilisation du moule à la cire perdue qui nécessite le façonnage d'un modèle en cire par torsion. Pour d'autres, la rotation d'une barre de bronze sur elle-même impliquait une contrainte technique incompatible avec le matériau, trop hétérogène et trop dur. Certains torques ont une section de plus d'1 centimètre, ce qui correspond, pour un objet que l'on portait autour du cou, à un poids de plus de 500 grammes !

Torque en bronze, Bucy-le-Long, Aisne

Torque en bronze, Bucy-le-Long, Aisne

Dessin

Un des grands torques en bronze provenant de la nécropole de Bucy-le-Long, la «fosse Tounise», sépulture 05 (Aisne). Le diamètre du jonc est de 11 mm, le torque pèse 450 g et il a un diamètre de 23 cm. Le jonc est fermé par un manchon de métal moulé directement sur ses deux extrémités.... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Pour comprendre cette polémique, il faut savoir que les ingénieurs et les artisans considèrent aujourd'hui le bronze comme un alliage réservé à la fonderie, par opposition au travail en déformation mécanique qui se pratique sur des métaux plus malléables comme l'or. Le bronze possède en effet de grandes qualités de coulabilité, une belle peau, et il reproduit les détails du moule comme aucun autre métal. Mais, dès qu'on le déforme, il s'écrouit, c'est-à-dire qu'il perd, au fur et à mesure qu'on le travaille, sa capacité à endurer cette déformation. De plus, et comme tout alliage, une erreur au cours de son élaboration (dans les proportions cuivre-étain, dans la température du mélange ou dans la vitesse de son refroidissement) risque de le rendre hétérogène et inutilisable : on parle d'alliage biphasé. Mais, même si toutes les conditions sont réunies, les artisans disent aujourd'hui que le bronze « n'a pas de rein », c'est-à-dire qu'il est difficile de prévoir le moment où une fissure risque de se produire.

Pour pouvoir le travailler, il faut le recuire fréquemment, c'est-à-dire le monter en température pour que ses cristaux se recomposent (on parle de recristallisation), lui faire subir une trempe, puis le travailler à froid. D'un point de vue pratique, cette contrainte complique et prolonge terriblement le travail de l'artisan.

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Écrit par :

  • : archéologue, attachée à l'UMR 7041 du C.N.R.S., protohistoire européenne

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Pour citer l’article

Cécile BRETON, « ARTISANAT DU BRONZE (Gaule préromaine) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/artisanat-du-bronze/