GONÇALVES DIAS ANTÓNIO (1823-1864)

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Poète majeur du romantisme brésilien, fils naturel d'une métisse et d'un commerçant portugais, António Gonçalves Dias a effectué ses études de droit à Coimbra, au Portugal, et a été de ce fait marqué par l'influence lusitanienne. De retour au Brésil, il fut haut fonctionnaire des Affaires étrangères et professeur d'histoire du Brésil dans le prestigieux Colégio Pedro II, de Rio de Janeiro. Après ses études, il fit deux autres séjours en Europe, où il vécut au total près de treize ans. Son dernier séjour va de 1862 à 1864 ; très malade, et alors qu'il retourne au pays, il meurt dans un naufrage près des côtes brésiliennes, le 3 novembre 1864.

Dans son premier livre de poèmes, les Primeiros Cantos, 1846 (Premiers Chants), l'Indien, qui habituellement était dans la littérature un personnage secondaire à côté des Blancs, devient le personnage principal, le héros. Son idéalisation romantique de l'Indien a fait de Gonçalves Dias le plus grand poète du courant connu sous le nom d'indianisme, qui s'est développé après l'indépendance du Brésil (1822). Dans Últimos Cantos, 1851 (Derniers Chants), nous trouvons le plus célèbre de ses poèmes « indianistes », « I-Juca-Pirama », qui met en situation un Indien tiraillé entre le courage face à la mort et l'amour filial, aussi bien que « Canção do Tamoio » (« Chanson du Tamoio »), où revient le thème du courage du guerrier. Gonçalves Dias est également l'auteur d'une épopée indienne en vers, Os Timbiras, 1857 (Les Timbiras), et d'un Dicionário da língua tupi, 1857 (Dictionnaire de la langue tupi), langue la plus répandue chez les Indiens du Brésil.

Attaché à son pays, il s'intéresse au sort des esclaves, comme dans les poèmes « A Escrava » (« L'Esclave ») et « Meditação » (« Méditation »), et chante la nostalgie de sa terre natale dans Canção do Exílio, 1843 (Chanson de l'exil), composée lors de son premier séjour en Europe, à Coimbra.

Écrivant dans un portugais très châtié, Gonçalves Dias vise la perfection formelle et manifeste une prédilection pour les décasyllabes et les heptasyllabes, ces derniers constituant une forme classique et populaire par excellence dans la littérature portugaise. Il se plaît aussi à écrire en portugais archaïque les Sextilhas de frei Antão, 1848 (Sixains de frère Antão).

Ajoutons que son premier livre fut un roman : Memórias de Agapito Goiaba, 1842 (Mémoires d'Agapito Goiaba). Son œuvre comprend aussi des pièces de théâtre, comme le drame Leonor de Mendonça (1846), des pages de critique littéraire et théâtrale et des journaux de voyage.

—  Luiz FERRAZ

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Luiz FERRAZ, « GONÇALVES DIAS ANTÓNIO - (1823-1864) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/antonio-goncalves-dias/