RIBOUD ANTOINE (1918-2002)

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Fondateur et ancien président du groupe industriel Danone, Antoine Riboud, est né à le 24 décembre 1918 à Lyon. Il fait ses études au lycée Ampère de Lyon puis à l'École supérieure de commerce de Paris, des études assez médiocres selon lui, qui lui inspireront l'intitulé de sa biographie parue en 1999, Le Dernier de la classe.

Il débute sa carrière professionnelle aux Verreries Souchon-Neuvesel, entreprise familiale productrice de verre. Ce fut la première étape de la carrière d'un chef d'entreprise qui marquera l'histoire des entreprises du xxe siècle, pour trois raisons essentielles : sa capacité de fonder et de développer un groupe industriel, l'opportunité de ses choix stratégiques, son ouverture sur la dimension sociale et humaine de l'entreprise.

En 1965, il devient président des Verreries Souchon-Neuvesel qui détiennent la majorité du capital de la Société des Eaux minérales d'Évian. Il saura insuffler à son groupe une ferme volonté de croissance : la fusion en 1966 avec Boussois, une entreprise spécialisée dans le verre plat, fait naître BSN. L'offre publique d'échange (O.P.E.) lancée en 1968 sur Saint-Gobain échoue mais n'assoira pas moins la notoriété de BSN et de son président.

C'est à cette époque qu'Antoine Riboud ose définir et mettre en œuvre un changement total de stratégie. L'essor des emballages perdus dans les marchés de produits de grande consommation compromet l'avenir des conditionnements en verre. Passant du contenant au contenu, Antoine Riboud fixe à BSN l'objectif d'être une grande entreprise alimentaire. Dès 1970, la prise de contrôle de Kronenbourg et de la Société européenne de brasseries, l'absorption d'Évian et de ses filiales et la fusion en 1973 avec Gervais-Danone forment la base du pôle alimentaire de l'entreprise. Le groupe peut dès lors se désengager du verre pour se concentrer sur l'alimentaire : fromages frais (Gervais), yaourts et desserts (Danone), pâtes (Panzani), boissons (Évian, Kronenbourg).

La taille de l'entreprise influe grandement sur son potentiel de succès ; Antoine Riboud le sait et développe deux axes stratégiques : l'internationalisation du groupe BSN, passant d'abord, au cours des années 1980, par l'implantation dans les pays européens, puis par la mondialisation dans les années 1990, et l'acquisition de nouveaux métiers alimentaires. À cette volonté stratégique répondent les prises de contrôle, en 1986, de la Générale Biscuit, fortement présente en Europe et détentrice d'une marque forte, Lu, et, en 1989, des filiales européennes du groupe américain Nabisco (marque Belin).

La dernière grande décision stratégique d'Antoine Riboud fut de remplacer le nom de son groupe, BSN, par le nom de sa marque principale, Danone. Cette décision, fondée sur le manque de notoriété de BSN dans le monde et sur la qualité de l'image de la marque Danone, exprime clairement la stratégie d'un groupe devenu un acteur essentiel sur le marché alimentaire mondial des biscuits, des produits laitiers frais et des eaux embouteillées.

En mai 1996, Antoine Riboud se retire, après avoir transformé en l'espace de trente années une entreprise française de moyenne importance en un groupe international comptant plus de 100 000 collaborateurs, avec un chiffre d'affaires d'environ 14 milliards d'euros. Son fils Franck est nommé à sa place.

Mais Antoine Riboud n'a pas seulement été un excellent stratège capable de développer un groupe industriel mondial. Il était aussi un dirigeant soucieux des implications humaines et sociales de l'entreprise. Celle-ci se devait, selon lui, de réduire les inégalités excessives dans les conditions de vie au travail et de répondre aux aspirations profondes des hommes en développant le dialogue, la participation et l'initiative. Pour reprendre ses mots, il avait « la conviction profonde que l'on peut être efficace et humain ». Le partage du profit de BSN se conformait à un tel engagement : un tiers pour financer le développement de l'entreprise, un tiers pour rémunérer les actionnaires et un tiers redistribué aux salariés.

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Écrit par :

  • : professeur des Universités à l'université de Toulouse-I et à Toulouse Business School

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Jean-Marc DÉCAUDIN, « RIBOUD ANTOINE - (1918-2002) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-riboud/