FURETIÈRE ANTOINE (1619-1688)

Ayant fait d'excellentes études, Furetière, fils d'un clerc d'avoué, entreprit d'abord une carrière d'homme de loi, mais il abandonna bientôt sa charge pour entrer dans les ordres et obtenir des bénéfices qui lui permirent de donner libre cours à sa vocation littéraire. Après trois livres de vers comiques et satiriques, où il se montrait un adversaire résolu de la préciosité, Furetière publia la Nouvelle allégorique ou Histoire des derniers troubles arrivés au royaume d'Éloquence (1658), présentation humoristique du monde des lettres parisien de l'époque ; sa défense des membres de l'Académie lui valut d'être reçu par la Compagnie en 1662. Il ne tarda pas, cependant, à déchaîner la colère de l'Académie par la publication du Roman bourgeois (1666) ; il y dépeint, de manière réaliste, non plus d'héroïques personnages ou de picaresques vagabonds, mais le peuple de Paris. Ce n'est pas tant l'absence de construction — une série de scènes présentées comme un « documentaire » impartial — que le sujet lui-même, jugé indigne d'un académicien, qui scandalisa ses collègues. Il s'attira une réprobation plus grande encore lorsque, à la fin de 1684, il manifesta son intention de publier son propre dictionnaire, rival de celui de l'Académie, qu'il jugeait incomplet, le Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots français tant vieux que modernes et les termes de toutes les sciences et des arts, sur lequel il avait travaillé pendant quelque quarante ans. Il fut exclu de l'Académie, et, bien que le roi Louis XIV eût fait de son mieux pour le protéger — il lui avait d'ailleurs accordé un privilège royal pour son dictionnaire —, Furetière passe désormais le plus clair de sa vie en polémiques avec ses anciens collègues. Son grand Dictionnaire, qui devait bientôt être reconnu comme plus complet et bien plus utile que celui de l'Académie, fut imprimé une première fois en Hollande, en trois volumes (1690), après la mort de son auteur. Furetière avait par ailleurs collaboré avec Racine, en 1668, pour Les Plaideurs.

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LE ROMAN BOURGEOIS, Antoine Furetière - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Christian BIET
  •  • 1 207 mots

« Ne l'appelez plus roman, et il ne vous choquera point, en qualité de récit d'aventures particulières » (Avertissement de la seconde partie du Roman bourgeois). Antoine Furetière (1619-1688), bon artisan des lettres , académicien depuis 1662 et fameux pour sa virtuosité burlesque, entend bien rompre avec les romans comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-roman-bourgeois/#i_8458

DICTIONNAIRE

  • Écrit par 
  • Bernard QUEMADA
  •  • 7 981 mots

Dans le chapitre « Historique »  : […] Dans son Dictionnaire universel (1690), Antoine Furetière, académicien lui-même, sera plus ambitieux encore puisqu'il entend réaliser l'« encyclopédie de la langue ». Il réduit la part de la langue commune pour se démarquer de l'Académie, et il accorde toute son attention aux langues de spécialité, aux termes techniques, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dictionnaire/#i_8458

Pour citer l’article

« FURETIÈRE ANTOINE - (1619-1688) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-furetiere/