JØRGENSEN ANKER (1922-2016)

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Homme politique danois, Premier ministre du Danemark en 1972-1973 et de 1975 à 1982.

Devenu Premier ministre du Danemark, au lendemain du référendum qui entérine le 2 octobre 1972 l'adhésion de son pays au traité de Rome, Jørgensen participe le 20 octobre suivant à Paris au premier sommet des Neuf. Quatorze mois plus tard, il accueille à Copenhague le deuxième sommet de la Communauté économique européenne (C.E.E.), dont le Danemark assume alors la présidence semestrielle, mais, le 19 décembre, il cède sa place de chef de gouvernement à un libéral et rentre dans l'opposition.

Orphelin à quatre ans, il commence à travailler en sortant de l'école primaire et se trouve ainsi très tôt confronté avec les problèmes du monde ouvrier. Nommé en 1950 président du syndicat national des manutentionnaires, il milite activement dans les rangs de la social-démocratie, fer de lance traditionnel du syndicalisme nordique. Sous l'égide de ce parti, il entre en 1961 au conseil municipal de Copenhague et, en 1964, à la Chambre unique, où il se fait surtout remarquer comme député dont les options tranchées sur les plans intérieur et extérieur ne sont pas toujours du goût de ses commensaux (il se battra, par exemple, en pionnier parmi les siens, pour la reconnaissance diplomatique du Vietnam du Nord et de l'Allemagne de l'Est). Parallèlement il est porté en 1968 à la tête du syndicat des manœuvres et des O.S. qui, avec ses 250 000 cotisants, est le plus important et le plus remuant des syndicats du royaume. Lors de la reprise par le Danemark des négociations avec les Six, en vue d'une adhésion à part entière, ce syndicat est en majorité hostile à cette démarche. Jørgensen partage d'abord cette opinion, mais, à la fin de 1972, ses conceptions se modifient et il fait campagne pour le « oui ».

Le 3 octobre 1972, en proclamant les résultats de cette consultation, Jens Otto Krag, chef du gouvernement minoritaire social-démocrate au pouvoir depuis octobre 1971, annonce qu'il désire se retirer, maintenant que l'objectif fondamental qu'il visait est atteint ; en coulisse, il s'est entendu avec quelques intimes — dont le président de la centrale syndicale nationale, L.O. (930 000 membres) — pour imposer Jørgensen comme son successeur à une base et même à un appareil directeur qui n'ont pas été préalablement consultés. Il espère que ce dernier rétablira l'unité du mouvement social-démocrate danois, très ébranlé par la bataille du Marché commun.

Son élection à la tête du Parti social-démocrate en septembre 1973, lors du XXXIe congrès, ne sera qu'un triomphe illusoire ; le remaniement, qu'il opère peu après dans son cabinet, où il introduit deux jeunes adversaires de la C.E.E., mécontente beaucoup de militants modérés. Au début de novembre, la défection de l'un d'eux enlève au gouvernement sa mince majorité au Folketing. Il ne reste plus qu'à en appeler au corps électoral : le scrutin du 4 décembre 1973 se révèle désastreux pour les sociaux-démocrates qui perdent vingt-quatre sièges sur soixante-dix. Pour beaucoup, Jørgensen est responsable de cette défaite ; les observateurs sont cependant plutôt enclins à voir en lui un bouc émissaire malchanceux, contraint, par devoir et par idéalisme, à prendre en charge « une affaire en faillite », que des vétérans chevronnés ne seraient peut-être pas arrivés à mieux renflouer.

Jørgensen va montrer, par la suite, qu'il ne manque ni de sens politique ni de savoir-faire. Après l'intermède libéral de 1974, il revient au pouvoir en 1975 et s'y maintient, le plus souvent à la tête de cabinets sociaux-démocrates minoritaires, à l'exception d'une brève coalition avec les libéraux en 1978-1979. Les difficultés, surtout économiques, à propos desquelles le gouvernement est mis en minorité ou recherche une majorité stable, amènent Jørgensen, à trois reprises, à s'en remettre à l'arbitrage populaire au moyen d'élections anticipées.

Finalement, le gouvernement Jørgensen tombe sur un programme d'économies budgétaires en septembre 1982. C'est une coalition de conservateurs, de libéraux et de centristes qui lui succède.

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Camille OLSEN, « JØRGENSEN ANKER - (1922-2016) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/anker-jorgensen/