BALANCHIVADZE ANDREÏ MELITONOVITCH (1906-1992)

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Compositeur et pédagogue géorgien, fils du compositeur Meliton Antonovitch Balanchivadze et frère de Gueorgui Melitonovitch Balanchivadze, qui deviendra célèbre comme chorégraphe sous le nom de George Balanchine, Andreï Melitonovitch Balanchivadze est, par ses œuvres et son enseignement, la personnalité la plus influente de la musique géorgienne.

Né à Saint-Pétersbourg le 19 mai (ancien style)/1er juin (nouveau style) 1906, Andreï Balanchivadze commence l'étude du piano dès l'âge de cinq ans et s'essaie très tôt à la composition avec son frère aîné Gueorgui. En 1917, la famille Balanchivadze s'installe à Kutaïssi, en Géorgie. En 1921, Andreï entre au Conservatoire de Tiflis (aujourd'hui Tbilissi), où il étudie la composition avec Mikhaïl Mikhaïlovitch Ippolitov-Ivanov. Ses toutes premières œuvres oscillent entre Chopin et Scriabine et usent encore bien maladroitement de certaines spécificités harmoniques de la musique géorgienne. En 1927, il obtient son diplôme avec une suite de danses en deux mouvements où se mélangent les influences de la musique occidentale et de la musique folklorique géorgienne. Cette même année, il est engagé comme pianiste dans les théâtres de Tiflis et un concert est en grande partie consacré à ses partitions. Sa notoriété s'établit et il est choisi pour participer à une expérience socioculturelle conduite, dans le cadre du premier plan quinquennal, par le gouvernement soviétique, qui recherche alors dans ses diverses républiques le ferment de ses prochains cadres. Il part donc se perfectionner au Conservatoire de Leningrad (ex-Saint-Pétersbourg) auprès d'Aleksandre Matveïevitch Jitomirski (composition) et de Maria Yudina (piano). Il y reste jusqu'en 1931 et, participant enthousiaste de l'Association pour la musique contemporaine, il s'initie à la musique d'avant-garde occidentale. À vingt-cinq ans, il obtient son diplôme de fin d'études avec un sextuor pour quatuor à cordes, harpe et hautbois profondément influencé par Hindemith et marqué par l'emploi, cette fois parfaitement maîtrisé, de techniques issues de la musique traditionnelle géorgienne.

Revenu en 1931 à Tiflis, Balanchivadze y devient directeur musical et compositeur du théâtre Mardzhanishvili ; c'est en cette ville qu'il connaît son premier véritable succès public, avec le très lisztien Premier Concerto pour piano, créé en 1934. L'année suivante, il rencontre le célèbre danseur et chorégraphe géorgien Vakhtang Chaboukiani et compose pour lui Le Cœur des montagnes, considéré comme le premier ballet véritablement géorgien, à la fois par son sujet – il relate un épisode de la révolte paysanne contre le prince Eristhavi au xviiie siècle – et par son utilisation de mélodies et de rythmes de danses populaires ; ce ballet est créé à Leningrad en 1938.

Enseignant au Conservatoire de Tiflis à partir de 1935, Balanchivadze y est nommé professeur en 1942 ; il en dirigera le département de composition de 1962 à 1968. Parmi ses élèves figurent les compositeurs géorgiens Eleonora Gregoreïevna Eksanishvili, Natela Svanidze, Mikhaïl Shugliashvili, Nodar Mamisashvili, Teimuraz Bakuradze, Revaz Lagidze, Bidzina Kvernadze. De 1941 à 1948, il est directeur musical de l'Orchestre symphonique de l'État géorgien. Il est premier secrétaire de l'Union des compositeurs géorgiens de 1953 à 1962 puis de 1968 à 1973.

Balanchivadze achève en 1944 sa Première Symphonie, qui évoque les terribles événements de la Seconde Guerre mondiale. Après la fin des hostilités, il compose un Deuxième Concerto pour piano (1946), puis un nouveau ballet, Les Étoiles de rubis (1947). Lors de la tristement célèbre année 1948, marquée par la répression du « formalisme décadent », ces trois œuvres seront interdites par le régime.

À l'instar de maints autres créateurs de son pays, au premier rang desquels Prokofiev et Chostakovitch, Balanchivadze sacrifie en 1952 à la tradition soviétique des « ouvrages pour enfants », dont le but est plus d'exalter l'esprit de la jeunesse que de faire œuvre de pédagogie purement musicale : c'est ainsi que naît le Troisième Concerto pour piano (1952), dans lequel on remarque l'emploi d'un chant folklorique comme matériau du deuxième mouvement, l'usage de modes issus du folklore géorgien ainsi que l'imitation orchestrale du son de certains instruments traditionnels géorgiens. Ce concerto demeure une de ses œuvres les plus célèbres, avec [...]

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  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

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Alain FÉRON, « BALANCHIVADZE ANDREÏ MELITONOVITCH - (1906-1992) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/andrei-melitonovitch-balanchivadze/