CICOGNANI AMLETO GIOVANNI (1883-1973)

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Né le 24 février 1883 dans une famille modeste de Brisighella, en Romagne (Italie), frère cadet du cardinal Gaetano Cicognani, Amleto Giovanni Cicognani fit ses études au séminaire de Faenza avant d'être ordonné prêtre le 23 septembre 1905. Énergique, passionné pour l'étude, imbattable en droit canon, il obtint les grades de docteur en philosophie, en théologie et en droit ecclésiastique.

En 1910, il entre à la curie romaine en qualité de protocollista, c'est-à-dire comme employé à l'enregistrement des documents dans la congrégation Consistoriale, qui traite des rapports avec les évêchés. En 1912, il passe a la congrégation des Sacrements, mais, en 1917, nommé camérier supernuméraire, il retourne à la congrégation Consistoriale et est admis au nombre des procureurs du tribunal de la rote. À la fin de 1922, il succède à monseigneur Rosa comme substitut à la congrégation Consistoriale. Il conservera ce poste jusqu'en 1927, date à laquelle le pape Pie XI le nomme assesseur de la congrégation pour l'Église orientale. En cette qualité, monseigneur Cicognani, dont la compétence dans les affaires orientales commence à faire autorité, participe à la codification du droit canon oriental ordonnée par le pape. Il exerce en outre les fonctions de consulteur du bureau du catéchisme de la congrégation du Concile. Le 17 mars 1933, il est nommé archevêque titulaire de Laodicée, en Phrygie, puis délégué apostolique aux États-Unis, où il demeurera vingt-cinq ans. Le 23 avril 1933, il reçoit la consécration épiscopale.

Aux États-Unis, il accomplira une œuvre immense qui peut s'exprimer par des chiffres : à son arrivée aux États-Unis, on comptait 106 diocèses et 118 évêques pour un ensemble de vingt-trois millions d'âmes et à son départ, en 1958, on dénombrait 150 diocèses, 220 évêques et plus de quarante millions de catholiques. Ce fut sur sa discrète intervention que, pendant la guerre, le président Roosevelt nomma un « représentant personnel auprès du pape ». Tout au long de son mandat, monseigneur Cicognani entretint des relations suivies avec les présidents qui se succédèrent à la tête des États-Unis : Roosevelt, Truman, Eisenhower et J. F. Kennedy, avec lequel il était intime. Brillant orateur, il prononça, pendant ce quart de siècle, plus de trois mille sermons. En 1958, il présidait à Dallas, dans le Texas, le sixième congrès interaméricain de la confraternité de la Doctrine chrétienne, en sa qualité de légat pontifical, lorsqu'il apprit, le 20 novembre, que le consistoire l'a promu cardinal, malgré une clause du droit canon stipulant qu'un consanguin au premier degré d'un cardinal ne peut accéder à la pourpre.

En août 1961, Jean XXIII le désigne comme secrétaire d'État en raison de sa haute aptitude à mener les affaires du Vatican en vue du Concile œcuménique. Dans cette nouvelle fonction qui englobe le ministère des Affaires étrangères, la coordination des services du Vatican, la direction du cabinet du pape, il succédait au cardinal Tardini. En sus de cette charge, Jean XXIII l'avait désigné comme président de la commission pour l'État du Vatican et président de la commission pour l'administration des biens du Saint-Siège, commission qui coiffe tous les services économiques et financiers du Vatican. Jamais aucun membre du Sacré Collège n'avait cumulé une telle puissance. Mais Cicognani l'exercera avec une discrétion et une efficacité très remarquées. De 1961 à 1969, il vivra les grandes heures du Concile, participant à l'effort œcuménique de Jean XXIII et de Paul VI, à la réforme du droit canon et au renouveau liturgique. En 1962, il est élevé à l'ordre des cardinaux-évêques du titre de Frascati, succédant dans cet évêché suburbicaire à son frère Gaetano, récemment décédé. Il prend sa retraite en 1969, mais en 1972, élu par les cinq autres évêques des diocèses suburbicaires de Rome, il succède au cardinal Eugène Tisserand comme doyen du Sacré Collège. Il devait décéder dans la nuit du 2 au 3 décembre 1973 au Vatican.

Ce polyglotte, connu pour sa bonté et sa connaissance parfaite de la curie romaine, de ses problèmes et de ses structures, était docteur ad honorem de seize universités, dont toutes n'étaient pas catholiques. Il était l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Sanctity in America (1939), traduit en italien et en chinois ; Adresses and Sermons (1933-1935, 1 [...]

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Paul MORELLE, « CICOGNANI AMLETO GIOVANNI - (1883-1973) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/amleto-giovanni-cicognani/