HODDINOTT ALUN (1929-2008)

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Premier compositeur gallois à avoir acquis une reconnaissance internationale, Alun Hoddinott est considéré comme le père spirituel de la musique galloise. Il a joué un rôle déterminant pour valoriser le patrimoine musical de son pays, tant dans ses œuvres que par son rôle de pédagogue et d'animateur infatigable. La salle du Wales Millenium Centre de Cardiff dans laquelle se produit le B.B.C. National Orchestra of Wales porte aujourd'hui son nom.

Alun Hoddinott naît à Bargoed, dans le Glamorganshire, le 11 août 1929. Il commence une carrière d'enfant prodige au violon, et compte, en 1946, parmi les membres fondateurs du National Youth Orchestra of Wales ; il joue alors de l'alto, qui restera son instrument à cordes préféré. Il parfait sa formation musicale au University College de Galles du Sud à Cardiff (1946-1949) et prend des cours particuliers avec Arthur Benjamin à Londres. En 1951, il commence à enseigner au College of Music and Drama de Cardiff. Deux ans plus tard, il remporte le prix Walford Davies. Puis il enseigne la musique au University College de Galles du Sud (1959-1987) ; il y est nommé professeur en 1967 avant de prendre la tête du département musique. Il est également le fondateur, en 1967, avec le pianiste John Ogdon, du Festival de musique du xxe siècle de Cardiff, dont il est le directeur artistique. Son Concerto pour clarinette (qui porte le no 1 depuis la création d'un second concerto en 1986), d'abord joué à la radio en studio en 1949, est créé au festival de Cheltenham en 1954 par Gervase de Peyer, sous la direction de John Barbirolli. La renommée de ses créateurs et le côté euphonique de cette partition assurent son succès. Les œuvres qu'il livre à partir du milieu des années 1950 – Première Symphonie, 1955 ; Welsh Dances, 1958 – attirent l'attention. Elles se situent déjà assez loin du courant néoclassique de ses débuts, davantage dans la mouvance esthétique de Hindemith et de Bartók, avec quelques références au patrimoine gallois. À partir du début des années 1960, Hoddinott se tourne progressivement vers le sérialisme, tout en ne l'utilisant que partiellement (Premier Concerto pour piano, 1961 ; Variants, pour orchestre, 1966 ; Concerto pour orgue, 1967 ; Symphonies no 2 à 4). Mais ce qui frappe dans son évolution esthétique, c'est un langage qui devient agressif, très coloré et rythmé, dans des textures souvent sombres, sans précédent dans la musique britannique. Cette subtilité de langage trouve son aboutissement dans le poème pour violon et orchestre The Heaventree of Stars (1980) ou dans le poème symphonique Lanterne des Morts (1981).

Compositeur infatigable, il avait abordé l'opéra au début des années 1970 : le premier d'entre eux, une commande du Welsh National Opera, The Beach of Falesá, d'après Robert Louis Stevenson, lui a demandé quatre ans de travail (1970-1974) ; il est suivi de Murder, the Magician (Télévision galloise, 1976), What the Old Man Does is Always Right (opéra pour enfants d'après Andersen, 1975), The Rajah's Diamond (1979), The Trumpet Major (1981) et Tower (opéra documentaire, 1999). Les trois premiers ont été créés par le célèbre baryton gallois Geraint Evans. L'ensemble du catalogue d'Hoddinott compte plus de 300 partitions, dont dix symphonies, une vingtaine de concertos, cinq quatuors à cordes, treize sonates pour piano et de nombreuses mélodies. Les œuvres les plus significatives sont ses concertos pour harpe (1957), pour cor (1969), Night Music (1966), le Concertino pour trompette, cor et orchestre (1971), le Concerto pour orchestre (1986), Noctis Equi, pour violoncelle et orchestre, écrit pour Mstislav Rostropovitch, qui le crée en 1989, la Neuvième Symphonie « A Vision of Eternity », dont la partie vocale est destinée à Gwyneth Jones (1992). Sa dernière œuvre créée, Music for String, a été présentée au public par le Quatuor Sacconi quelques heures avant sa mort, le 12 mars 2008, à Swansea.

Hoddinott a joué un rôle considérable pour élever le niveau de la vie musicale galloise. Lorsqu'il a été à la tête du département musique de l'université de Cardiff, il a fait de cet établissement un foyer de création et d'animation musicale de très haut niveau, qu'ont fréquenté des pédagogues comme Britten, Tippett, Messiaen, Stockhausen... Il jouissait d'une renommée considérable au pays de Galles, dont il a usé pour aider de grandes institutions musicales – comme le Welsh National Opera ou le B.B.C. National Orchestra of Wales – à obtenir des moyens et des locaux dignes de leurs ambitions. Sa notoriété de compositeur gallois lui a valu d'être sollicité à différentes occasions de la vie officielle du prince de Galles : une première œuvre pour ses seize ans, Investiture Dances, pour son investiture (22 juin 1969), et Fanfare, pour son mariage avec Camilla Parker Bowles (2005).

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  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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  • Écrit par 
  • Jacques MICHON
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Dans le chapitre « Les « indépendants » »  : […] Plus fécond, en revanche, paraît être le comportement artistique de quelques musiciens qui, nés dans la décennie qui précède la Seconde Guerre mondiale, peuvent valablement faire figure d'« indépendants ». Intéressante à cet égard est l'évolution d'un Alun Hoddinott (1929-2008) qui, d'abord influencé par Bartók, intègre dès les années 1960 des structures sérielles dans ses compositions pour about […] Lire la suite

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Alain PÂRIS, « HODDINOTT ALUN - (1929-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alun-hoddinott/