GRATRY ALPHONSE (1805-1872)

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Oratorien français dont l'influence marqua les milieux catholiques du xixe siècle. Après une crise d'incroyance, Gratry retrouve la foi à vingt ans ; reçu en 1825 à l'École polytechnique, il abandonne ses études scientifiques pour aller, à Strasbourg, étudier la théologie. Accueilli dans le brillant groupe d'intellectuels catholiques dominé par Louis Baudain, il est ordonné prêtre en 1832. Rappelé à Paris, il est d'abord aumônier du collège Stanislas, puis de l'École normale supérieure (1846-1851), où son influence est considérable sur les jeunes catholiques. Il entreprend en 1852 de restaurer l'Oratoire de France, qu'il conçoit comme le « laboratoire d'apologétique » dont il rêvait ; il y est aidé par deux autres prêtres, Pétetot, curé de Saint-Roch à Paris, et le chanoine Valroger ; des séminaristes viennent s'y joindre, dont deux normaliens, Auguste Perraud, futur évêque d'Autun, et Sambier, qui mourra martyr en Chine. Mais, dès 1860, il se brouille avec ses premiers confrères et s'écarte de sa fondation. Il publie en 1862 son meilleur ouvrage, Les Sources. Conseils pour la direction de l'esprit. Professeur en Sorbonne, il est élu en 1867 à l'Académie française. Ses derniers engagements assombrissent la fin de sa vie : membre de la Ligue de la paix, il se voit publiquement désavoué par Pétetot, devenu supérieur général de l'Oratoire ; adversaire de l'infaillibilité pontificale, il est contraint de démissionner de l'Oratoire en 1870. Mesuré dans la controverse et digne dans les épreuves, Gratry est une des grandes figures du catholicisme français au xixe siècle. Affronté à l'hégélianisme, il a eu recours à l'induction pour expliquer l'approche rationnelle de la connaissance de Dieu, la présentant par analogie avec le calcul infinitésimal. De la connaissance de l'âme (1858) repose sur des données scientifiques contestables, mais contient de fines analyses psychologiques. Ce n'est pas, du reste, dans son apologétique, qui lui tenait tant à cœur, qu'il faut chercher aujourd'hui le meilleur de Gratry, mais dans ses engagements sociaux pour l'Irlande, la Pologne et contre l'esclavage et, plus encore, dans une spiritualité nourrie par saint Jean et saint Augustin ; Gratry insiste, dans la tradition bérullienne, sur le rôle du sacrifice, conçu non comme destruction, mais comme épanouissement d'une vocation, par communion au Christ ressuscité.

—  Jean-Robert ARMOGATHE

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ORATOIRE DE JÉSUS ou ORATOIRE DE FRANCE

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Société de prêtres fondée au xvii e  siècle par Bérulle et reconstituée au xix e  siècle, notamment par Gratry. Né en 1575, Pierre de Bérulle sent très tôt le besoin d'une congrégation de prêtres, dans le milieu mystique qu'il fréquente à Paris et où il est très écouté (vers 1600) ; il sollicite vainement César de Bus, François de Sales et les Oratoriens italiens, fondés par Philippe Néri. Il semb […] Lire la suite

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Jean-Robert ARMOGATHE, « GRATRY ALPHONSE - (1805-1872) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alphonse-gratry/