FESSARD ALFRED (1900-1982)

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Alfred Fessard est une des figures marquantes de la neurophysiologie française.

Né à Paris le 28 avril 1900, Alfred Fessard est remarqué très jeune par Jean-Maurice Lahy, directeur du laboratoire de psychologie appliquée de l’École pratique des hautes études. Fessard s'inscrit à la Sorbonne et prépare, au début des années 1920, une licence ès sciences physiques.

Il fréquente le laboratoire de Lahy installé dans le service d’Édouard Toulouse à l’hôpital Henri-Rousselle (qui sera rattaché en 1941 à l’hôpital Sainte-Anne). Fessard s’initie à la « psychotechnique » – qui a pour but d’évaluer les réactions et les aptitudes des individus – et rencontre, en 1925, Henri Piéron, qui cherche à appliquer cette méthode à l'orientation professionnelle.

Fondateur de la psychologie expérimentale en France, Piéron accueille Fessard dans son laboratoire du Collège de France comme préparateur puis, à partir de 1927, comme directeur adjoint à l'École pratique des hautes études. Fessard continue de fréquenter le laboratoire d’Édouard Toulouse, où ses compétences en physique permettent d'améliorer la qualité des travaux d'électromyographie. C'est dans ce laboratoire qu‘il installe, avec Wladimir Liberson, un poste d'électroencéphalographie, à une époque où ce type d'appareil n'existait pas encore dans le commerce.

Au Collège de France, Fessard crée son propre laboratoire d'électrophysiologie. Sa thèse de doctorat (1936) est consacrée à l'analyse des phénomènes d'autorythmicité des fibres nerveuses. Il poursuit également ses travaux d'électroencéphalographie chez l'homme, et c'est en grande partie grâce à lui que les milieux médicaux français découvrent cette technique majeure en neurologie.

En 1943, Fessard s'installe dans les locaux de l'Institut Marey, au Parc des Princes.

En 1947, le CNRS lui confie la direction du Centre d'études de physiologie nerveuse et d'électrophysiologie, créé à l'intention de son équipe de chercheurs. Lorsque, en 1949, Fessard est élu au Collège de France à la chaire de neurophysiologie générale, le laboratoire de celle-ci fusionne avec le Centre d'études de physiologie nerveuse du CNRS. Il le dirige jusqu'à sa retraite, en 1971, au-delà de laquelle il travaille encore longtemps.

L'Institut Marey fut détruit en 1976, en raison de l'extension du stade de tennis Roland-Garros, et remplacé par un institut moderne construit par le CNRS à Gif-sur-Yvette, auquel le nom d'Alfred Fessard a été donné.

Dès ses débuts, Fessard développe deux axes d'intérêt très différents, l'un orienté vers la biophysique de l'activité nerveuse, l'autre vers l'étude globale du système nerveux car il est soucieux de comprendre les processus intégratifs qui sous-tendent le comportement.

Il a longuement étudié la physiologie des organes électriques d’un certain nombre de poissons, notamment les gymnotes. Avec Feldberg et Nachmanson, il a démontré la nature cholinergique de la transmission nerf-organe électrique. Ultérieurement, il identifiera dans le tronc cérébral le centre responsable de la rythmicité des décharges de cet organe.

La neurophysiologie française, qui avait pris un retard considérable entre les deux guerres mondiales, doit à Fessard une impulsion salutaire. Les stages qu'il effectue dans les années 1930 à Cambridge (Royaume-Uni) et les voyages d'études qu'il fait après la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis le poussent à développer en France l'utilisation des méthodes électrophysiologiques. C'est pourquoi, au-delà de ses deux pôles d'intérêt personnel, il œuvre pour qu'une large place soit donnée à des investigations électrophysiologiques pour l'analyse de divers aspects fonctionnels du système nerveux central.

Alfred Fessard et son équipe assurent la formation d'un grand nombre de chercheurs français et étrangers. On doit à l'Institut Marey des contributions très importantes dans des domaines aussi divers que l'organisation synaptique dans le ganglion de l’aplysie (ou lièvre de mer), le fonctionnement de l’organe électrique de la torpille, la distribution des informations sensorielles dans le cortex cérébral des mammifères, l'exploration intracellulaire de neurones pyramidaux du cortex cérébral et l'investigation des activités cérébrales dans le comportement d'un animal porteur de capteurs implantés.

Fes [...]

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Écrit par :

  • : membre de l'Académie des sciences, professeur émérite à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie
  • : professeur émérite à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie
  • : membre de l'Institut, professeur honoraire au Collège de France

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Pour citer l’article

Pierre BUSER, Yves GALIFRET, Yves LAPORTE, « FESSARD ALFRED - (1900-1982) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alfred-fessard/