CHLIAPNIKOV ALEXANDRE GAVRILOVITCH (1885-1937)

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Issu d'une famille de vieux croyants, Alexandre Gavrilovitch Chliapnikov doit travailler dès son plus jeune âge. Il adhère en 1903 au Parti social-démocrate à Mourom, où il participe à la révolution de 1905. Militant bolchevik, arrêté à Noël 1905, il n'est libéré qu'en 1907 et part pour l'étranger (la France, l'Angleterre, l'Allemagne) où il séjourne jusqu'en 1914. Il est envoyé en 1915 en mission du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (P.O.S.D.R.) dans les pays scandinaves et en Angleterre, puis en 1916 aux États-Unis pour récolter des fonds. Coopté en 1915 au comité central du P.O.S.D.R., il retourne clandestinement en Russie pour réorganiser le bureau du comité central dont plusieurs membres avaient été arrêtés. Lors de la révolution de février, il assiste à la réunion constitutive du soviet de Petrograd et organise le retour de Lénine et des autres bolcheviks. Élu en avril président de l'Union des métallos de Petrograd, il devient en juillet président du syndicat panrusse des métallos qu'il gagne au bolchevisme. En octobre, il ne joue aucun rôle dans l'insurrection ; commissaire du peuple au Travail dans le premier gouvernement soviétique, il se montre favorable à la poursuite de la collaboration avec les mencheviks et avec les socialistes-révolutionnaires.

Durant la guerre civile, il occupe des fonctions militaires : directeur des approvisionnements dans le sud de la Russie en octobre 1918, il est nommé au Comité militaire révolutionnaire du front sud, puis commandant du front Caspienne-Caucase. À la fin de 1920, à propos de la querelle syndicale, il développe les thèses de l'Opposition ouvrière où viennent le rejoindre Medvedev et Loutovinov, du syndicat des métallos, Kisselev, président du syndicat des mineurs, et Alexandra Kollontaï. Revendiquant un accroissement du pouvoir des syndicats dans le contrôle de la production et dans le gouvernement, il tend ainsi à restreindre le rôle du parti et se heurte à Lénine lors du Xe Congrès. Celui-ci interdit les fractions et condamne l'Opposition ouvrière, mais réélit Chliapnikov au comité central. Demeuré sur les positions de l'Opposition ouvrière, celui-ci rédige encore en 1924 un document-programme connu sous le nom de « lettre de Bakou », mais n'intervient pas dans la lutte mettant aux prises l'appareil du parti et l'opposition de gauche. Affecté comme conseiller à la légation soviétique à Paris, il rentre en 1925, se rallie à Staline l'année suivante et se consacre à la rédaction de ses mémoires. Exclu du parti en 1933, emprisonné en 1935, il meurt en prison.

—  Georges HAUPT

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  • : sous-directeur d'études à l'École pratique des hautes études

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RÉVOLUTION RUSSE

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  • Nicolas WERTH
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Dans le chapitre « La révolution de février 1917 et la chute du tsarisme »  : […] Spontanéité et improvisation caractérisent les journées de février 1917. Certes, au début de 1917, la crise politique que connaît le régime tsariste est profonde. Néanmoins, ni l'opposition modérée, ni l'opposition révolutionnaire, ni les « masses » de Petrograd , dont le rôle sera capital durant les événements de février, ne semblent prêtes à une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-russe/#i_44081

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Georges HAUPT, « CHLIAPNIKOV ALEXANDRE GAVRILOVITCH - (1885-1937) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-gavrilovitch-chliapnikov/