ALBRECHT ALTDORFER. MAÎTRE DE LA RENAISSANCE ALLEMANDE (exposition)

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Un maître graveur

La circulation des œuvres d’Altdorfer se fait à travers des thèmes traditionnels. Ainsi l’étonnante suite de quarante gravures sur bois composant un cycle de la Chute et Rédemption de l’humanité, vers 1513, qui offre une double originalité. D’une part, il constitue un tour de force artistique et technique, par la très petite dimension de chaque pièce, ce qui oblige Altdorfer à un style synthétique et de grands contrastes d’ombre et de lumière ; d’autre part, on remarque l’ampleur de la série, qui dépasse les trente-sept bois de la Petite Passion de Dürer (1511). Cette diffusion se fait aussi dans des thèmes conformes au nouveau goût d’une classe exigeante et passionnée d’humanistes érudits, souvent collectionneurs d’œuvres uniques. Les dessins sur papier préparé offrent aux yeux une feuille entièrement couverte d’une teinte marron, ou vert olive, ou rouge brun…, sur laquelle la composition est réalisée à la plume, à l’encre noire, avec des rehauts de gouache blanche, aboutissant à de petites merveilles faites pour la délectation esthétique de celui qui se penche sur elles dans son cabinet privé, tout en jouissant de sa compréhension érudite de la scène représentée, allant de l’histoire romaine au jugement de Pâris, ou à Hercule terrassant le lion de Némée.

La diffusion est enfin servie par les travaux magistraux accomplis au service du pouvoir politique, ainsi les ensembles de grandes gravures sur bois réalisées par Altdorfer pour l’empereur. Deux sont exceptionnels : le Cortège triomphal de Maximilien Ier, vers 1517-1519, réalisation impressionnante même si le projet initial – une frise de 210 gravures, se déroulant sur 84 mètres de longueur – n’a pu être mené à terme ; les gravures composant les deux tours latérales de l’Arc de triomphe de Maximilien, vers 1517, œuvre collective formant un mur d’images de près de 4 mètres de hauteur, et à laquelle Dürer apporta une contribution majeure.

Le bois gravé de la Sainte Famille à la fontaine, vers 1512-1515, confirme que même le noir et blanc permet à Altdorfer d’exalter une luminosité qui n’a cessé de le hanter, d’unir sans heurt les formes d’une splendide vasque italienne aux ogives du gothique du nord des Alpes, et de transformer une scène évangélique en un instant de paix fraternelle entre humains et anges, autour d’une eau signe de vie fécondante.

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Christian HECK, « ALBRECHT ALTDORFER. MAÎTRE DE LA RENAISSANCE ALLEMANDE (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/albrecht-altdorfer-maitre-de-la-renaissance-allemande-exposition/