Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

BESNARD ALBERT (1849-1934)

  • Article mis en ligne le
  • Modifié le
  • Écrit par

Malgré ses réussites officielles (prix de Rome en 1874, il sera directeur de la villa Médicis), Besnard est resté, au milieu des mouvements artistiques de son temps, un indépendant. Par l'enseignement de Jean Bremond, un des plus discrets mais non des moins doués des élèves d'Ingres, il se rattache, certes, à la tradition d'un art construit ; mais son sens de la couleur, sa vitalité le mettent aux antipodes d'un Puvis de Chavannes. Plus proche apparemment des post-impressionnistes, il leur est étranger néanmoins par son goût d'un art signifiant, comme par son refus des techniques précises du divisionnisme. De même, Besnard côtoie seulement les recherches des artistes symbolistes de la fin du siècle, sans se laisser aller à leur goût du pur graphisme. Sans vraiment participer aux grandes recherches qui fondent l'art moderne, il reste fidèle à ses choix, porté par une remarquable fécondité et un goût qui, de Véronèse à Delacroix, l'inscrit dans la continuité de la famille des coloristes.

La Vérité, A. Besnard - crédits : DeAgostini/ Getty Images

La Vérité, A. Besnard

L'homme a été l'un des grands décorateurs des années 1900. À la faculté de pharmacie de Paris (1883-1886), à l'hôpital de Berck-Plage (1897-1901), à l'amphithéâtre de chimie de la Sorbonne (1896), à la Comédie-Française (1905-1913), il donne des compositions murales ou plafonnantes aussi ambitieuses par le renouvellement de l'iconographie que par le parti de la couleur. À la Sorbonne, dans un effort neuf de symbolisme scientifique, il représente La Vie renaissant de la mort. Au plafond de la Comédie-Française, le Drame, la Tragédie, la Comédie sont l'allégorie même de la vie. D'autre part, Besnard, profondément marqué par les Vénitiens, bâtit ses compositions en de larges coulées au coloris intense, qui conservent encore leur pouvoir de suggestion.

L'accord entre le chromatisme systématiquement poussé et un dessin suivi qui rappelle l'enseignement de Bremond n'est pas toujours heureux. Le succès des portraits mondains, d'un ton si « 1900 », se comprend moins aujourd'hui. Alors que le style de cette époque revient à la mode, Besnard n'est pas encore rentré en grâce auprès des critiques. C'est que l'on sent trop dans son œuvre la disparité inconciliable des recherches, comme dans le célèbre portrait de Mme Roger-Jourdain dit La Femme en jaune, en 1886 (musée de Nice), à la fois narration mondaine et vision fauve.

L'Orient devait tenter Besnard. Ses voyages en Espagne et au Maroc (1881), en Algérie (1893), et surtout en Inde (1911), furent l'occasion de compositions que l'iconographie inusitée libérait de tout académisme, et qui pouvaient jouer à volonté, et avec une force qui évoque un artiste comme Böcklin, des fusées de la couleur.

— Bruno FOUCART

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

Classification

Pour citer cet article

Bruno FOUCART. BESNARD ALBERT (1849-1934) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Média

La Vérité, A. Besnard - crédits : DeAgostini/ Getty Images

La Vérité, A. Besnard