PLATEL ALAIN (1956- )

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Un maître de l'hybridation

Les créations d'Emma (1988) et de Bonjour madame comment allez-vous, il fait beau, il va sans doute pleuvoir, et cætera (1993), une comédie musicale décalée et excentrique, puis de La Tristeza complice (1995) et Lets Op Bach (1998) le propulsent en dix ans au sommet international. Parallèlement, il crée, en compagnie de l'auteur Arne Sierens, pour la compagnie de théâtre jeune public Victoria de Gand, Mère et enfant (1995), Bernadetje (1996) et Tous des Indiens (1999).

Le style d'Alain Platel apparaît alors scindé entre, d'un côté, des grandes pièces dansées qui mêlent musique classique (Bach, Purcell), danseurs, artistes du cirque et comédiens, et, de l'autre, des pièces plus théâtrales comprenant des décors imposants (par exemple des auto-tamponneuses dans Bernadtje, des maisons grises dans Tous des Indiens) qui placent l'enfance au centre de sa démarche. Pourtant, toutes ses œuvres sont animées d'une même volonté de combiner trivial et sublime, grotesque et subtilité, savant et populaire comme on le voit avec les accordéons jouant Purcell dans La Tristeza... ou l'alliance entre Prince et Bach dans Lets Op Bach. Il se saisit de clichés ordinaires, des histoires d'ici-bas pour en faire une fresque vibrante et magnifique, métaphore des aspérités de la vie.

Alors qu'il vient de créer Tous des Indiens, Alain Platel annonce qu'il abandonne la scène. Cette décision se transformera en trois années sabbatiques qui lui permettront de prendre du recul. Entre-temps, Gérard Mortier lui a proposé de travailler sur Mozart pour la Ruhr-Triennale. Cela aboutira à la création de Wolf (2003), qui sera présenté dans la cour d'honneur du palais des Papes puis repris à l'Opéra de Paris. Ce spectacle réunit musique de Mozart et karaoké, danseurs et chiens dans un décor hyperréaliste évoquant un supermarché de la périphérie de grandes villes. Sous son exubérance affichée, elle est éminemment politique. Pour le chorégraphe, les chiens incarnent nos craintes et la peur générale du manque de contrôle qui nous pousse [...]

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Agnès IZRINE, « PLATEL ALAIN (1956- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-platel/