ERLANDE-BRANDENBURG ALAIN (1937-2020)

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Alain Brandenburg, dit Alain Erlande-Brandenburg, naquit le 2 août 1937 à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), où son grand-père maternel était médecin. Son autre grand-père, Albert-Jacques Brandenburg, avait pris le pseudonyme d’Albert Erlande pour la publication de son œuvre littéraire. Il comptait parmi ses parents l’égyptologue Eugène Revillout (1843-1913), spécialiste de l’écriture démotique. Sa vocation de conservateur de musée vint très certainement d’une rencontre avec Jean Brunon (1895-1982), collectionneur d’art militaire. Il fut par ailleurs orienté vers l’École des chartes par Pierre Marot (1900-1992), qui en était alors le directeur. En 1964, il obtint le diplôme d’archiviste paléographe et, l’année suivante, celui d’élève agréé de l’École du Louvre.

En 1964, il entre au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et participe au chantier de fouilles induit par le rétablissement du fossé sur les côtés est et sud de la cour Carrée du Louvre. En 1967, il entre au musée de Cluny, à Paris, et travaille au côté de son conservateur en chef, Francis Salet (1909-2000). L’année suivante sera mouvementée, car il est chargé de protéger les collections du musée contre les incursions des mouvements de rue qui rythment Mai-68.

En 1977, deux actions vont marquer la muséographie française : l’installation au musée de Cluny des têtes de statues des rois de Juda qui ornaient la façade de Notre-Dame de Paris jusqu’à la Révolution que François Giscard d’Estaing avait découvertes dans les fondations d’un bâtiment appartenant à la Banque française du commerce extérieur, et l’ouverture au public du musée de la Renaissance française à Écouen (Val-d’Oise), dont le président de la République Valéry Giscard d’Estaing inaugure les travaux le 25 octobre de cette même année.

De 1980 à 1987, Alain Brandenburg prend la tête des deux musées de Cluny et d’Écouen, fonction qu’il quitte pour exercer, au grade d’inspecteur général des musées, celle d’adjoint au directeur des musées de France jusqu’en 1991. Il revient ensuite au musée de Cluny – devenu le Musée national du Moyen Âge – jusqu’en 1994, avec le dessein d’y porter un projet ambitieux sous le nom de Musée national du Moyen Âge et des thermes de Cluny.

De 1994 à 1998, il exerce les fonctions de directeur des Archives de France. Son action contribue à moderniser une administration passablement archaïque en créant trois centres à compétence nationale. Il lance également le projet d’un nouveau centre pour les archives contemporaines (1994), en conformité avec les conclusions d’un rapport confié au conseiller d’État Guy Braibant (1927-2008). Initialement prévue à Reims pour une Maison de la mémoire de la Ve République, la construction se fera ultérieurement à Pierrefitte-sur-Seine sur la base d’un projet chronologiquement plus large. Enfin, entre 1999 et 2005, il reprend la direction du Musée national de la Renaissance à Écouen, dont il valorise considérablement les collections. Parallèlement à ces activités au ministère de la Culture, Alain Brandenburg a poursuivi une carrière universitaire. Diplômé en 1970 de l’École pratique des hautes études, il y est nommé chargé de conférences en archéologie du Moyen Âge de 1972 à 1974, puis directeur d’études de 1975 à 2005. En 1982, il fonde une chaire d’histoire de l’architecture à l’École du Louvre, où il est chargé de l’histoire médiévale. En 1991, il est nommé professeur associé à l’École des chartes sur une chaire d’archéologie et d’histoire de l’art du Moyen Âge ; il conservera cet enseignement jusqu’en 2005.

Alain Brandenburg a été par ailleurs très actif au sein de la Société française d’archéologie – qu’il a présidée de 1985 à 1994 et dont il a dirigé le Bulletin monumental (1969-1994) –, à la Commission du Vieux Paris – dont il est nommé membre en 1965 – et à la Société des amis de Notre-Dame – dont il a été le président puis le président d’honneur de 1992 à 2015. Il fut également membre résident de la Société nationale des antiquaires de France à partir de 1980.

Son œuvre d’historien de l’art est considérable : elle compte plus de 400 articles et une quinzaine d’ouvrages. Certains d’entre eux sont remarquables par leur importance scientifique, à commencer par sa thèse, Le roi est mort. Étude sur les funérailles, les sépultures et les tombeaux des rois de France jusqu’à la fin du xiiie siècle (1975), que suivront notamment L’Art gothique (1983), Le Monde gothique. La conquête de l’Europe (1987), La Cathédrale (1989), Histoire de l’architecture française, du Moyen Âge à la Renaissance (1995), Notre-Dame de Paris (1997), De pierre, d’or et de feu. La création artistique au Moyen Âge (1999). Alain Erlande-Brandenburg était attentif à placer l’histoire de la production artistique dans son contexte spatio-temporel et historique. Il analysait les circonstances de la commande sous le double aspect du commanditaire et de l’artiste. Il avait consacré un ouvrage à l’artiste médiéval (De pierre, d’or et de feu) et insistait sur la nécessité de « reséquencer » la chronologie de l’art médiéval en fonction du renouvellement rapide des générations (tous les vingt ans selon lui).

Alain Erlande-Brandenburg meurt à Paris le 6 juin 2020.

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Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études et à l'École nationale des chartes

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Jean-Michel LENIAUD, « ERLANDE-BRANDENBURG ALAIN - (1937-2020) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-erlande-brandenburg/