AGRAMMATICALITÉ

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Une phrase est réputée agrammaticale lorsqu'elle est incompatible avec les schèmes qui régissent la structure et le fonctionnement de la langue où elle est émise.

En raison des différents niveaux où l'on peut se placer pour apprécier la manière dont un code est violé par une production de parole, il faut soigneusement distinguer des concepts qui lui sont voisins la notion, souvent fort opératoire, de grammaticalité. Ainsi, il se peut qu'une phrase non recevable pour un informateur (locuteur natif) soit simplement inacceptable, dans la mesure où elle présente un degré de complexité globale qui en rend difficile le déchiffrage (exemple : « Le piéton que la voiture que l'homme qui était sourd conduisait a renversé est mort »), ou gauche, dans la mesure où on pourrait y introduire un ordre plus naturel (exemple : « La porte a été ouverte par eux »). Dans ces deux derniers cas, les réticences de l'informateur, peu susceptibles d'être formalisées en règles universelles, dépendent moins du code que de la stylistique du message, c'est-à-dire de ce que la théorie transformationnelle dénomme performance. Il en va de même d'une phrase asémantique, qui peut être rejetée eu égard à son absence de contenu signifié : « De vertes idées incolores dorment furieusement » (Chomsky) est contradictoire si l'on prend les termes deux à deux et, au total, absurde ; mais qu'en est-il de sa grammaticalité ? La phrase : « La licorne a le pied fourchu », en comparaison, est-elle une phrase plus ou moins recevable ? La linguistique, qui, à ce niveau, ne se prononce pas sur la validité des jugements émis, considère que des phrases de ce type, dans la mesure où elles répondent aux exigences structurelles de la cohésion syntaxique, sont grammaticales. Il est donc possible de dresser une table des degrés (relatifs) d'agrammaticalité, si l'on exclut, d'une part, les « paquets de mots », aisément identifiables dans la mesure où ils ne sont pas susceptibles d'être engendrés par la [...]

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GRAMMATICALITÉ

  • Écrit par 
  • Robert SCTRICK
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Une bonne grammaire doit être capable de «  projeter le corpus fini et toujours plus ou moins aléatoire des énoncés observés sur l'ensemble, qu'on présuppose infini, des phrases grammaticales », écrit N. Chomsky ( Structures syntaxiques ). Ce passage de l'induction à la projection ne peut se faire qu'au moyen d'un appareil hypothético-déductif qui concerne la grammaticalité. On se gardera de conf […] Lire la suite

Pour citer l’article

Robert SCTRICK, « AGRAMMATICALITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/agrammaticalite/