AGOSTINO, Alberto MoraviaFiche de lecture

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Durant les années 1930, la littérature narrative italienne se caractérise par une floraison de récits d'enfance et d'adolescence auxquels Moravia contribue par deux nouvelles qui préfigurent Agostino et La Désobéissance (1948) : Hiver de malade (1930), inspirée par son séjour au sanatorium, décrit la relation sado-masochiste d'un adolescent introverti et de son compagnon de chambre adulte ; quant à La Chute (1940), elle conte sur le mode symbolique l'initiation d'un jeune convalescent en vacances. Dans un essai de 1941, Memoria e romanzo, l'écrivain qui atteint déjà sa maturité s'élève contre le culte naïf des souvenirs d'enfance qui ne sauraient suffire à produire de la poésie, tout en reconnaissant le rôle privilégié de la mémoire qui ordonne un roman « selon le temps idéal ou idéologique qui n'est pas le temps naturaliste ». Réfugié à Capri avec Elsa Morante pour fuir les persécutions raciales (de son vrai nom Alberto Pincherle, Moravia a une ascendance juive), il compose en ce début de guerre Agostino qui ne sera publié qu'après la destitution de Mussolini, en 1945.

« Il n'y a pas d'innocence enfantine », écrivait dans ses Confessions saint Augustin. Peut-être faut-il voir là la source du prénom de son héros, à moins que ce ne soit une référence à Augustin Meaulnes, le livre d'Alain-Fournier ayant eu un énorme succès en Italie après sa traduction en 1931. Agostino est le drame de la perte de l'innocence et d'une initiation sinon manquée, du moins inachevée.


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Pour citer l’article

Gilbert BOSETTI, « AGOSTINO, Alberto Moravia - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/agostino/