AETIUS (IVe s.)

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Évêque syrien du ive siècle considéré comme hérétique pour ses théories sur le mystère de la Trinité. Aetius est le fondateur de la secte arianiste radicale des anoméens. Son nom est devenu synonyme d'hérésie radicale.

Probablement né près d'Antioche, Aetius y étudie auprès de maîtres arianistes tout en gagnant sa vie comme orfèvre et médecin. Il rend également des services aux pauvres. Durant ses études, il passe d'une école syrienne à l'autre et cultive l'art de la dialectique aristotélicienne. Appliquant la logique formelle à la théologie, Aetius provoque de façon méthodique ceux qui débattent avec lui puis les réduit au silence par des arguments extrêmement percutants et subtils. Un théologien contemporain syrien du nom d'Épiphane raconte qu'Aetius exposait sa doctrine en 300 syllogismes étroitement articulés, dont 47 existent encore.

Ordonné diacre à Antioche, par l'évêque eusébien Léonce, pour enseigner la doctrine chrétienne, Aetius scandalise, dit-on, les fidèles en soutenant que l'essence même de Dieu étant d'être inengendré, le Père est seul Dieu, et que le Fils, étant engendré, est d'une substance fondamentalement différente de lui. Cette hérésie lui vaut l'excommunication. Il cherche alors refuge auprès de compagnons arianistes à Alexandrie, en Égypte, où il forme un disciple, Eunome, également évêque. Rappelé à Antioche en 357 sous la bienveillance de l'évêque arianiste Eudoxe, Aetius s'aliène cependant un certain nombre d'arianistes par le radicalisme de sa pensée et se voit condamner par certains de ses propres collègues hérétiques lors du concile de Séleucie, près d'Antioche, en 359. L'empereur romain arianiste Constance II (337-361) l'exile alors dans le nord-est de l'Asie Mineure. En 361, Aetius est nommé évêque par l'empereur Julien l'Apostat, mais il n'exerce jamais de juridiction territoriale. Il meurt vers 366 à Constantinople.

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ARIANISME

  • Écrit par 
  • Michel MESLIN
  •  • 2 432 mots

Dans le chapitre « L'anoméisme radical »  : […] À Antioche, dès la seconde moitié du siècle, des théories professées par Aétius, puis par son disciple Eunome, affirmaient une théologie bien plus radicale que celle d'Arius. Appliquant au mystère de la Trinité les catégories logiques de la philosophie aristotélicienne – au point que leurs adversaires les accuseront de faire non pas de la théologie mais de la technologie ! – Aétius et Eunome sout […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arianisme/#i_12983

Pour citer l’article

« AETIUS (IVe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/aetius-ive-s/