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PAUL ACTES DE

Un ouvrage intitulé Actes de Paul circulait déjà en 190 environ, car Hippolyte (In Danielem, III, 29) s'y réfère et Tertullien (De baptismo, 17) sait que son auteur est un « prêtre qui le composa en Asie » et qui fut déposé à cause de cela. Pendant longtemps, les savants ont hésité sur l'étendue et le contenu de cette œuvre. C'est seulement en 1905 que fut publiée une traduction copte de ces Actes par C. Schmidt (Acta Pauli aus der Heidelberger koptischen Papyrushandschrift, Leipzig). Celui-ci démontrait ainsi que trois écrits, connus depuis longtemps, n'étaient que des parties des Actes de Paul. Le travail de L. Vouaux, Les Actes de Paul et ses lettres apocryphes (Paris, 1913), confirma l'hypothèse de Schmidt. Finalement, la publication d'un papyrus grec de Hambourg par W. Schubart et C. Schmidt en 1936 révéla une grande partie du texte grec (11 pages de manuscrit) et prouva définitivement la thèse avancée en 1905.

On peut distinguer trois parties dans les Actes de Paul. La première consiste en un ouvrage grec intitulé Actes de Paul et de Thècle, qui était connu de saint Jérôme (De viris illustribus, VII), et qui nous est parvenu à travers un grand nombre de manuscrits grecs, cinq versions latines et beaucoup de versions orientales. C'est l'histoire de la jeune Thècle, que Paul rencontre à Iconium ; convertie, elle rompt ses fiançailles ; elle doit alors subir un long martyre, auquel elle échappe miraculeusement ; elle se retire à Séleucie, où elle vit « en pratiquant la vertu dans la caverne pendant soixante-douze ans ». D'autres détails sont donnés sur les voyages de Paul, à Myre, à Sidon, à Tyr, à Éphèse, où il est livré aux bêtes. Ce roman a beaucoup influencé l'art et la littérature du christianisme, spécialement le portrait de Paul : homme de petite taille, tête chauve, jambes torses, etc. La deuxième partie est la correspondance, censée écrite à Philippes, de Paul avec les Corinthiens pour lutter contre deux hérétiques qui nient la création, l'incarnation, la résurrection. Ces textes étaient connus en version latine dès le iiie siècle et les Églises de Syrie et d'Arménie les ont reçus comme authentiques. La troisième partie, enfin, qui existe en grec et dans les versions latine, syriaque, copte, éthiopienne et slavonne, est un récit intitulé Martyrium Pauli. C'est l'histoire de la prédication de Paul, de son œuvre à Rome, de sa mort sous Néron, avec des détails étranges, notamment sur le lait qui coule de sa plaie. Paul apparaît à Néron pour l'avertir de son châtiment et aux Romains Longus et Cestus pour les remercier de leur bonté. Le contexte est caractérisé par l'opposition entre le service du Christ, qui est le Roi et dont les chrétiens sont les soldats, et le service de l'empereur, qu'ils refusent.

Les Actes de Paul n'ont rien d'hérétique. Ils appartiennent au vieux christianisme, marqué par ses idées subordinatiennes et son refus du mariage et des biens matériels. Pourtant, le Décret de Gélase les rejeta (fin du ve s.).

— Jean HADOT

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Écrit par

  • : professeur à l'Université libre de Bruxelles

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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