SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS ABBAYE DE

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Abbaye de bénédictins, fondée au sud-ouest de Paris, sur la rive gauche de la Seine, par le roi Childebert Ier en 558. Elle porta jusqu'en 754 le nom de Sainte-Croix-et-Saint-Vincent. Les premiers moines vinrent de Saint-Symphorien d'Autun. Pillée à plusieurs reprises par les Normands au ixe siècle, l'abbaye fut reconstruite une dernière fois à partir du xie siècle ; le chœur actuel fut achevé et consacré par Alexandre III en 1163. L'édifice avait cinq clochers, dont un seul subsiste.

Un bourg s'était développé autour du monastère dès sa fondation ; il devint fort actif au xiie siècle, et ses habitants reçurent en 1174 une charte de privilèges, et en 1250 une charte d'affranchissement. De nombreux artisans s'y établirent, à l'abri de ces privilèges qui leur assuraient à bien des égards plus de liberté que les règlements corporatifs de la ville de Paris. Les principaux métiers furent ceux du vêtement et de la boucherie. Une foire annuelle joua un rôle important dans le développement de l'équipement commercial du bourg ; le roi l'acquit et la transféra aux halles de Paris en 1285 ; une nouvelle foire, créée en 1483, anima le bourg Saint-Germain jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. L'abbaye fut l'une des plus considérables de France. Elle était richement possessionnée dans tout le Bassin parisien ; le premier inventaire de ses biens, le polyptyque dressé par l'abbé Irminon au début du ixe siècle, est l'un des plus célèbres documents pour l'histoire de l'économie carolingienne. Réformée une première fois par la congrégation de Chezal-Benoît en 1514, l'abbaye le fut une seconde fois par l'établissement, en 1631, de la congrégation bénédictine de Saint-Maur. Elle fut alors le lieu d'une intense activité intellectuelle ; dom Jean Mabillon, l'un des fondateurs de l'érudition moderne, y travailla jusqu'à sa mort (1707). Le monastère fut supprimé à la Révolution, et les bâtiments brûlèrent en 1794, à l'exception de l'église et du palais abbatial dont la construction datait de la fin du xvie siècle.

—  Jean FAVIER

Écrit par :

  • : membre de l'Institut, directeur général des Archives de France

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PIERRE DE MONTREUIL (déb. XIIIe s.-1267)

  • Écrit par 
  • Alain ERLANDE-BRANDENBURG
  •  • 376 mots
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Pour citer l’article

Jean FAVIER, « SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS ABBAYE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/abbaye-de-saint-germain-des-pres/