2. « ... Les souvenirs et les regrets aussi... »
Le succès d'Yves Montand se poursuivra sur le fond d'un engagement très explicite et sans ombres au côté du P.C.F., au moins jusqu'en 1956. S'il n'adhéra jamais au Parti communiste, il fut une star de gauche qui milita avec Simone Signoret pour la cause ouvrière ou encore contre le maccarthysme. Il entend néanmoins assurer un rôle critique auprès des dirigeants communistes en demandant par exemple à Khrouchtchev, au cours d'une tournée en U.R.S.S. (1956), des explications sur l'écrasement de l'insurrection hongroise par les chars russes, quelques mois après que le dirigeant soviétique eut publiquement reconnu les crimes de Staline au XXe congrès du P.C.U.S. À la fin des années 1950, l'attirance des États-Unis se fait très forte pour Montand : il va y devenir effectivement la star française que George Cukor engage pour Let's Make Love (Le Milliardaire, 1960) au côté de Marilyn Monroe, alors épouse du dramaturge Arthur Miller, dont Montand avait joué Les Sorcières de Salem. Idylle avec une femme culte, chronique tragique de l'adultère au royaume des stars internationales, quelques mauvais films... Montand revient alors en France pour ce qui va apparaître presque comme une nouvelle carrière, cinématographique notamment, où vont alterner ses talents de fantaisiste et les personnages à thèse. Les désillusions du militant communiste dans le très classique mais très daté La guerre est finie d'Alain Resnais (1966, sur un scénario de Jorge Semprún), la dénonciation du régime fasciste des colonels grecs dans le bravement didactique Z de Costa-Gavras (1969), ou le réquisitoire unilatéralement anticommuniste de L'Aveu (Costa-Gavras, 1970, d'après le roman d'Artur London) : Montand assume ces rôles avec l'aigreur et la sincérité vengeresses de quelqu'un qui comprend qu'il se trompe depuis vingt ans en prenant les mensonges staliniens pour la révolution des damnés de la terre. Le « coup de Prague » des Soviétiques en 1968 est d'ailleurs fatal aux derniè […]
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