C'est en mars 1960 que sort le premier long-métrage personnel de Claude Sautet, Classe tous risques, un film policier adapté d'un roman de José Giovanni. Si le film rencontre un succès public mitigé, Sautet n'en est pas moins d'emblée considéré comme une « personnalité » du cinéma français. Alors que s'affrontent partisans et adversaires de la Nouvelle Vague, il n'est d'aucun clan et reçoit immédiatement les éloges de quelques « anciens », et non des moindres, tels que Jean-Pierre Melville : « Si j'ai la certitude qu'en 1965 Claude Sautet sera notre plus grand cinéaste, c'est parce qu'en dehors de son talent, je lui connais un courage tranquille. [...] Sautet, le faux taciturne, inquiet autant que sûr de lui, attend d'être inspiré pour tourner. Mais quand il tourne, il met du cœur à l'ouvrage. » Ce n'est que cinq ans plus tard, avec Les Choses de la vie, que le talent du metteur en scène éclatera aux yeux du grand public et de l'ensemble de la critique, faisant de lui, définitivement, un des « grands » du cinéma français.
1. Le choix du classicisme
Claude Sautet est né à Montrouge le 23 février 1924. En partie élevé par sa grand-mère maternelle qui l'emmène fréquemment au cinéma, il n'y découvre que des films peu adaptés à l'intérêt d'un garçon de sept ans, comme Le Roman de Marguerite Gautier... De cette époque, il retiendra davantage les grands pique-nique familiaux dans la forêt de Sénart, que l'on retrouvera dans les fêtes et les réunions de copains qui parsèment ses films. Poussé vers la sculpture, il entre ensuite aux Arts décoratifs. Il est surtout marqué par la littérature américaine, la musique de Debussy, Ravel, Stravinski, le jazz, tandis que la guerre le pousse à adhérer au Parti communiste qu'il quittera en 1952. Devenu critique musical à Combat après la Libération, il entre sans conviction particulière en 1946 à l'Institut des hautes études cinématographiques. Assistant de nombreux réalisateurs de toutes catégories, il travaille pour Jacques Becker et collabore à des scénarios. D'ailleurs, il s […]
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