Juriste et homme d'État italien, Vittorio Emanuele Orlando acquiert, dès 1885, une grande renommée par ses publications scientifiques. Député libéral modéré de 1897 à 1924, il occupe une position de premier plan à la Chambre et collabore avec Giolitti, qui en fait son ministre de l'Instruction publique (de 1903 à 1905) puis de la Justice (de 1907 à 1909).
Il détient également ce dernier portefeuille dans le gouvernement Salandra (de 1914 à 1916). Son rôle historique commence en 1917, au lendemain de la défaite de Caporetto : Orlando devient président du Conseil, à la tête d'une formation d'union nationale, dont le mot d'ordre est « Résister, résister, résister ! » Avec beaucoup d'énergie, il s'emploie à rétablir les forces militaires et morales du pays, à développer l'économie de guerre et à conduire la nation à la victoire.
Chef de la délégation italienne à la Conférence de la paix, il se heurte à la difficile tâche de faire accepter l'exécution des clauses du pacte de Londres de 1915, qui avait prévu pour l'Italie, en échange de son intervention aux côtés de l'Entente, de vastes compensations territoriales aux dépens de l'Autriche et des acquisitions en Asie Mineur […]
