Vincenzo Bellini est l'un des représentants majeurs de ce qu'il est convenu d'appeler le « second bel canto », et il en est sans doute le plus attachant. Son œuvre, moins abondante que celle de Donizetti, évite la vulgarité qui dépare certaines partitions du compositeur de Bergame, dans les moments les moins bons. Elle est plus homogène que celle de Rossini. Mais elle reste relativement stable, et on chercherait en vain chez Bellini la transformation puissante qu'a connue l'art de Verdi. La dizaine d'opéras qu'il a laissés, d'Adelson e Salvini (1825) aux Puritains (1835), témoigne, malgré le passage de Naples à Paris, d'une continuité qui peut même donner l'impression d'un même opéra perpétuellement repris et recommencé.
1. Une carrière de dix ans
Vincenzo Bellini naît le 3 novembre 1801 en Sicile, à Catane, et il est encore aujourd'hui l'orgueil de cette ville, qui lui a dédié son théâtre, le Teatro Massimo Bellini, inauguré le 31 mai 1890, avec Norma. La protection d'un riche seigneur a permis à cet enfant d'une famille modeste d'être admis au Real Collegio di Musica de Naples, alors dirigé par Niccolò Zingarelli. Il est remarqué par le puissant impresario Domenico Barbaja, qui va l'orienter vers le théâtre lyrique et l'aider dans sa carrière.
Entre le 11 et le 15 février 1825, Adelson e Salvini, un dramma semiserio en deux actes, est créé au Real Collegio di Musica di San Sebastiano de Naples. Le deuxième ouvrage lyrique de Bellini, un melodramma en deux actes, connaîtra deux versions : Bianca e Fernando, créé au Teatro San Carlo de Naples le 30 mai 1826, et Bianca e Gernando, créé au Teatro Carlo Felice de Gênes le 7 avril 1828. Mais la notoriété de Bellini date surtout d'un mélodrame lyrique en deux actes, Il Pirata, pour lequel il s'est associé pour la première fois comme librettiste Felice Romani : l'œuvre est créée à la Scala de Milan le 27 octobre 1827. Suivra deux ans plus tard (le 14 février 1829), sur la même scène, celle du mélodrame en deux actes La Straniera, également sur […]
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