Ayant acquis ses premières notions d'économie auprès de son père, négociant, Vincent de Gournay élargit ses connaissances lors d'un séjour de plusieurs années à Cadix (1730-1744). Après des voyages successifs en Angleterre, à Hambourg, en Hollande, Gournay s'établit à Paris où l'appui de Machault, de Maurepas, de Trudaine lui procure une place de conseiller au Grand Conseil avant de lui obtenir l'intendance du commerce en 1757. Cette fonction le met en contact avec les milieux commerciaux de Bretagne, du Languedoc, du Sud-Ouest, et surtout de Lyon et de Marseille. Avec Trudaine, il lutte pour la liberté de l'industrie, la suppression des règlements et des monopoles. Lié à Quesnay et à Turgot, il serait l'auteur de la formule : « laisser faire, laisser passer », adoptée par les physiocrates. Mais il se sépare d'eux en n'acceptant pas leur second principe : la terre est le seul élément de la richesse. Négociant avant tout, il se rapproche de l'école d'Adam Smith et estime que les produits de l'industrie et le commerce sont facteurs de richesse. Gournay représente l'internationale du commerce européen tourné vers l'Amérique espagnole et vers l'océan Indien. Sagace observateur, il a exercé sur ses amis une profonde influence, en particulier sur Turgot qui a écrit l'Éloge de Gournay, où il analyse sa pensée. On lui doit la traduction du Traité sur le commerce et les avantages qui résultent de la réduction de l'intérêt de l'argent de J. Child ; du Traité contre le haut taux de l'usure, de Culpeper (1754). Il a écrit Observations sur la Société d'agriculture de Bretagne (1760).
Louis TRENARD
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