Montée sur le trône en 1837, et disparue le 22 janvier 1901, la reine Victoria aura symbolisé le Royaume-Uni à l'apogée de sa puissance. L'« ère victorienne » résume ainsi le succès et les ambiguïtés de l'Angleterre de la seconde moitié du xixe siècle. Le pays a en effet été épargné par les guerres et les révolutions, tout en se taillant le premier empire colonial du monde (Victoria régnait sur un empire « sur lequel le soleil ne se couche jamais ») ; la Royal Navy, la City de Londres sont les symboles d'une réussite qui est d'abord économique, articulée autour de la trilogie sidérurgie, charbon et coton. Victoria a été la reine de la première puissance industrielle et commerciale de la planète. Elle a été aussi la reine du plus ancien régime parlementaire d'Europe, qui s'est alors considérablement démocratisé et à la tête duquel alternaient les conservateurs (tel Disraeli) et les libéraux (tel Gladstone). Cela dit, les prérogatives royales ont été largement rognées sous son règne, et la reine qui meurt en 1901 a moins de pouvoir que jamais en Angleterre. Elle laisse également son nom à une société et à une morale « victoriennes », qui allient les inégalités sociales les plus criantes au plus strict conformisme intellectuel.
Photographie
Disraeli et la reine Victoria Le ministre Benjamin Disraeli (1804-1881), déguisé en Aladin, offre à la reine Victoria la couronne des Indes. Caricature de 1876.
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Sylvain VENAYRE
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