Sur la rive gauche thébaine, au pied de la Grande Cime d'Occident, l'immense cirque rocheux de Deir el-Bahari reçut plusieurs temples funéraires royaux. Sous la XIe dynastie (vers ~ 2060), Montouhotep II y édifia un vaste complexe funéraire. L'enceinte englobe la tombe du souverain et celle des membres de sa famille, tandis que les hypogées des fonctionnaires et dignitaires étaient creusés, aux environs immédiats, dans la falaise. Une vaste cour intérieure était surplombée d'une terrasse sur laquelle une forêt de colonnes et de piliers entourait un monument de forme carrée dont la superstructure, aujourd'hui disparue, devait être un édifice à toit plat, reproduisant le tertre primordial. Le temple proprement dit, avec une cour, une salle hypostyle et un sanctuaire, s'enfonce dans la montagne.
C'est immédiatement au nord que la reine Hatchepsout, sous la XVIIIe dynastie (vers ~ 1478-~ 1458), bâtit un magnifique temple de « millions d'années » (temple où sont célébrés conjointement le culte royal et le culte divin) qui s'intègre de façon parfaite au cadre naturel des hautes falaises du vaste amphithéâtre rocheux. Par sa conception et sa réalisation, c'est un des édifices les plus remarquables de l'architecture égyptienne. Le sanctuaire, qui est rupestre, est précédé de trois terrasses en gradins, bordées de portiques et reliées par des rampes. Les portiques sont décorés de reliefs ; la série la plus célèbre, celle de la deuxième terrasse, relate un des événements majeurs du règne d'Hatchepsout, l'expédition maritime au pays de Pount, quelque part, sans doute, vers l'actuelle côte des Somalis ; le village sur pilotis au bord de la lagune, le cortège de l'adipeuse reine locale, le débarquement des bateaux égyptiens, l'échange des objets de la vallée du Nil contre les produits exotiques locaux sont autant de scènes d'un pittoresque coloré.
Le temple d'Hatchepsout fait actuellement l'objet de travaux de restauration menée par le Centre polonais d'archéologie méditerranéenne du Caire. Ceux-ci ont permis de mettre a […]
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