Signataire avec ses associés du plus beau et du plus grandiose ouvrage émaillé du Trecento, le reliquaire du corporal miraculeux de Bolsena conservé à la cathédrale d'Orvieto (P. dal Poggetto, « Ugolino di Vieri », in Forma e colore, no 8), Ugolino di Vieri pose néanmoins de multiples problèmes d'attribution encore irrésolus. On n'a pu trancher de façon certaine la part qui lui revient dans l'exécution, le dessein, le programme iconographique, la conception de cette extraordinaire icône biface tout émaillée, flanquée de tourelles, sommée d'un groupe de la Crucifixion et posée sur un socle que supportent des statuettes. Sans doute est-il présent partout, aidé ici et là et à diverses étapes de l'exécution par ses « associés ». Avec eux, il s'est uni par un contrat (qui n'a pas été retrouvé) pour cet ouvrage particulier achevé en 1338. Sans doute les a-t-il formés ou les a-t-il choisis pour leur dextérité et leur vélocité, pour leur capacité à unifier grâce aux règles de l'art les différences de tempérament, pour leur aptitude à épouser délibérément un style. Deux personnalités majeures d'égale maturité, d'égale force, semblent s'être partagé les tâches. On a do […]
