Le 16 octobre 1968, à Mexico, l'athlète américain Tommie Smith, aérien, remporte le 200 mètres olympique devant l'Australien Peter Norman et son compatriote John Carlos, en 19,83 s (record du monde). Sur le podium, alors que retentit l'hymne américain et que la bannière étoilée est hissée aux mâts, Smith et Carlos lèvent un poing ganté de noir pour protester contre la discrimination dont sont victimes les Noirs aux États-Unis
. Le lendemain, les deux hommes sont exclus du village olympique ; on ne reverra plus jamais Tommie Smith sur une piste d'athlétisme.
Vidéo
Mexico, 1968 : poings levés aux J.O. Légèrement en retard sur John Carlos à la sortie du virage, Tommie Smith s'envole dans la ligne droite et devient champion olympique du 200 mètres en 19 secondes 8/10, record du monde. L'Australien Peter Norman est deuxième, Carlos, troisième. Sur le podium, les deux Américains brandissent un poing……
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Photographie
Tommie Smith et John Carlos Les athlètes américains Tommie Smith, vainqueur, et John Carlos, troisième, sur le podium du 200 mètres aux jeux Olympiques de Mexico, en 1968. Ils lèvent un poing ganté de noir, symbole du Black Power, pour protester contre la ségrégation raciale.
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Né le 5 juin 1944 au Texas, Tommie Smith est entraîné à l'université de San Jose par Bud Winter. Il se révèle au monde le 7 mai 1966 en couvrant le 220 yards en ligne droite en 19,5 s. Quelques jours plus tard, il réalise 20 secondes sur 220 yards avec virage (record du monde qui efface Henry Carr, 20,2 s, des tablettes). Également recordman du monde du 400 mètres (44,5 s) en 1967, Tommie Smith possédait un immense potentiel, et nul ne sait à quel niveau il aurait porté ses records si sa carrière n'avait été brisée, à vingt-quatre ans, pour avoir affiché ses convictions.
Tommie Smith n'a jamais regretté son geste. Néanmoins, il ne fut réhabilité par les États-Unis qu'en 1998, et le C.I.O., en 2008, ne s'était toujours pas décidé à lever, symboliquement, son exclusion du mouvement olympique. Mais, interrogé à l'occasion des Jeux de Pékin où la politique aurait pu s'inviter, il indiquait que « lever le poing avait été un honneur ».
Pierre LAGRUE
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