Athlète américain né le 25 février 1947 à Madra, en Californie, quatrième d'une famille de sept enfants. Les qualités de sprinter de Lee Evans lui permettent d’intégrer le San Jose State College, où il va progresser sous la houlette de Bud Winter, entraîneur réputé. Il est ainsi champion des États-Unis du 400 mètres en 1966 et 1967 et prépare les Jeux de Mexico. Des Jeux auxquels il aurait bien pu ne pas participer, tout comme Tommie Smith et John Carlos. Les trois hommes, voulant protester contre la discrimination raciale qui sévissait aux États-Unis, réclamaient notamment qu’un entraîneur noir figurât dans l’encadrement de l’équipe américaine d’athlétisme. Ils furent entendus sur ce point.
Lee Evans va au bout de ses ambitions et devient champion olympique du 400 mètres en 1968 à Mexico, en établissant un fabuleux record du monde (43,86 s), qui tiendra jusqu'en 1988. Ce 18 octobre 1968, il devance ses compatriotes Larry James et Ronald Freeman. Sur le podium, en solidarité avec Tommie Smith et John Carlos, qui avaient levé un poing ganté de noir sur le podium du 200 mètres pour protester contre la discrimination raciale aux États-Unis, ce qui leur valut de se voir exclus des Jeux, les trois hommes, coiffés du béret du Black Power et poing levé, écoutent distraitement l'hymne américain
. Avec ses deux équipiers et Vince Matthews, Lee Evans est également champion olympique du 4 fois 400 mètres (2 min 56,1 s, record du monde). À l’instar de Tommie Smith et John Carlos, même s’il n’a pas été exclu du village olympique, Lee Evans voit, en raison de son action, sa carrière s’achever ainsi. Il deviendra par la suite entraîneur d’athlétisme en Afrique.
Photographie
Lee Evans, Larry James et Ron Freeman Le 18 octobre 1968, les Noirs américains Lee Evans, Larry James et Ron Freeman, les trois premiers du 400 mètres des jeux Olympiques de Mexico, coiffés du béret du Black Power, saluent la foule, après avoir manifesté sur le podium leur opposition à la discrimination raciale qui règne aux États-Unis.
Crédits: Hulton Getty Consulter
Lee Evans n’a jamais regretté son comportement sur le podium à Mexico, même si celui-ci lui a coûté sa carrière sportive. Il déclarait ainsi en 2008 au sujet de son attitude et de celle de ses compatriotes : « Ces actes politiques ont largement dépassé le cadre du sport. Des proches de Malclom X m’ont dit que ce que nous avions fait avait joué un rôle considérable dans un mouvement qui a finalement abouti à la reconnaissance, par les États-Unis, de l’égalité des Noirs et des Blancs. »
Pierre LAGRUE
Retour en haut



