Le 10 janvier 1929 est une date majeure de l'histoire de la bande dessinée francophone : c'est ce jour-là que débuta – dans Le Petit Vingtième, supplément pour enfants du quotidien bruxellois Le XXe Siècle – la parution de Tintin au pays des Soviets, premier épisode des aventures du jeune reporter Tintin et de son chien Milou. Le dessin des premières pages est malhabile, la psychologie des personnages sommaire, l'idéologie sans nuances, mais en quelques années Hergé (le Belge Georges Remi, 1907-1983) dépasse son maître Alain Saint-Ogan, et dans les années 1950, il s'impose comme l'auteur essentiel de la bande dessinée européenne. Son graphisme, qui est à la fois réaliste et débarrassé de détails inutiles (la « ligne claire ») a été largement imité, mais Hergé reste rarement égalé quant à la diversité des scénarios et à l'habileté avec laquelle il mène un récit. Le premier en Europe, il a réfléchi à l'articulation des images et du texte, et certaines de ses solutions sont devenues des conventions adoptées par l'ensemble de la profession.
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